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Frantz Fanon : Le mythe de l’idéologie

A. Benmohammed, Les Fondations de la Puissance, VI. Résistance : Endurance, Art et Écologie

by Abdelmadjid Benmohammed
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« Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. », Fanon

L’histoire du Tché et de Franz fanon est significative. L’un voulait changer le monde par la violence et l’autre par les idées. Mais ils se rejoignent, car les idées engendrent toujours des violences. L’histoire est plus complexe à saisir et ensuite changer !

Fanon est né le 20 juillet 1925 à Fort-de-France (Martinique) et mort, sous le nom d’Ibrahim Frantz Fanon, le 6 décembre 1961 à Bethesda dans la banlieue de Washington.

Fanon nous apprend que les « civilisations » deviennent ennemies non pas pour des raisons d’apparence identitaires (religions, idéologies et croyances) mais en réalité pour des raisons de classes économiques.

Le conflit nord-sud est un malentendu séculier entre l’orient et l’occident. Il s’est mêlé ensuite dans les conflits entre les « colonialistes » et les « indépendantistes », les « communistes-socialistes » et les « impérialistes-capitalistes », les « intégristes-barbares » du passé et les « modernistes-scientistes » du futur…

On perçoit cette confusion de pensées dans l’ouvrage « les damnés de la terre » de Franz Fanon[i]. Cette œuvre de « victimisation » illustre la révolte de l’opprimé contre l’oppresseur. Une révolte que Fanon observe en tant que psychiatre dans l’hôpital de Blida durant la colonisation française de l’Algérie.

Fanon remarque que, dans son malheur, le faible est révolté, aveuglé et enfin terrifié. En réalité, Fanon comme son malade s’est trompé sur l’ennemi (la maladie) et sur la façon de le combattre (le remède).

Fanon est un intellectuel abusé qui devait rêver de faire la synthèse de la phénoménologie, de la psychanalyse et de la dialectique hégélienne.  Il préconise comme remède à son malade l’insurrection. Il lui montre même la voie dans une organisation « scientifique » basée sur l’âme révolutionnaire de la « paysannerie » et non pas sur la « bourgeoisie » et « l’intelligentsia » conservatrices qui sont prêtes d’après lui aux compromis pour une Algérie française. Il refuse la vendetta urbaine pour une guérilla paysanne.

Fanon se veut anthropologue, il veut créer une nouvelle forme de conscience d’inspiration indigène qui ne se base pas sur l’expérience communiste des pays de l’Est. Il s’est trompé dans l’analyse et la stratégie de combat.

Fanon n’a pu influencer ni l’idéologie et ni la stratégie de la révolution algérienne. Celle-ci était d’inspiration islamique (le Djihad de Abdel Kader et Ibn Badis) même si son outil était modernisme (le FLN socialiste et l’ALN laïque).

Cependant, l’œuvre de Fanon n’a eu aucune influence en Algérie, mais aux États-Unis « Black Power », en Europe, au Japon et en Afrique avec la prolifération des mouvements de décolonisation, car les symptômes de l’oppression sont tous identiques : l’Injustice, l’asservissement et la bestialité !

La maladie n’étant pas la même, le remède ne peut donc être le même ! Le malade se retrouve alors empoisonné par les effets secondaires pervers du médicament. En effet, le choix socialiste a été dévastateur pour les décolonisés qui ne l’ont abandonné qu’après la chute du mur de Berlin lorsque le prototype a enfin démontré sa tragique- décomposition.

La damnation de l’Afrique continue et le message de haine entre le Sud et le Nord qui est toujours d’actualité. En Afrique, les gens pauvres ont un poste de télévision. Ils regardent, en couleurs étincelantes, des styles de vies culturelles, démocratiques et consommatrices qui leur resteront à jamais inaccessibles.

Ils sont noyés dans la dictature, le génocide, le sida ou la misère, sou dans les côtes méditerranéennes dans des boat-peuple de misère. Le Nord leur ferme les portes infernales du Paradis. Ce sont là les ingrédients non pas d’une révolution que les dictateurs savent bien mater par la violence, mais d’un terrorisme migratoire qui sera expédié vers le Nord.

Le Nord est responsable de leur colonisation passée et de leur exploitation passé et présente en s’alliant avec leurs dictateurs. Le Nord n’a jamais reconnu sa responsabilité dans ce crime contre l’humanité qui a touché des millions d’humains dans le Sud. Il n’a jamais demandé de pardon et il n’a jamais compensé les victimes comme il l’a fait pour la shoah.

Le Nord récoltera un jour ou l’autre ce qu’il a semé non pas par la vengeance du Sud, mais par l’implosion au Nord ; on ne peut jamais produire un organisme stable fondé sur l’injustice interne et externe contre les valeurs humaines.

A. Benmohammed, Les Fondations de la Puissance, VI. Résistance : Endurance, Art et Écologie

 

 

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