On nous assure que l’humain ne peut survivre sans son État qui est nécessaire à sa survie et à son élévation de la barbarie à la civilisation. Pourtant, l’Humain a existé et survécu en dehors de l’État pendant des millénaires. Il a assuré ses propres besoins vitaux (sécurité et nourriture). L’humain a réussi à survire l’humain en se réfugiant dans des zones inaccessibles et inhospitalières : forêts, déserts, arctiques… Les nomades, les bédouins et les esquimaux se sont bien acclimatés à leur milieu. Ils ont comme modèle la Nature et la Liberté. Ils refusent d’être restreints dans un terroir qui prend leur sueur, leur taxe, leur sang et les assujettit à des lois inhumaines.
Oui, il est possible de vivre sans l’État. Mais, plus maintenant depuis que l’humain a délégué sa vie à l’État : il est alors incapable d’assurer sa sécurité et sa nourriture. Il se retrouve malgré lui, aux mains d’un système totalitaire que nous décrit le dictionnaire de Cambridge : « la croyance qu’un gouvernement devrait avoir un pouvoir total sur ses citoyens. ».
Nous existons dans un monde où il n’y a aucune autorité au-dessus de celle des États. L’État a remplacé le Divin. Il a son prophète qui est son président, ses prêtres qui sont ses élites, ses églises qui sont ses institutions, ses versets qui sont ses Lois, son paradis qui est sa richesse et son enfer qui est sa prison.
L’État est une institution illégitime qui dans les anciens temps avait besoin juste d’utiliser la violence et n’avait besoin d’aucune autre légitimité que celle de la puissance divine du Prince. Comme l’État ne peut policier tous ses citoyens, il a besoin de les endoctriner avec les idées, la psychologie et la technique. Les idées ne sont que des constructions préfabriquées par les élites qui subliment l’esprit afin de le dominer en utilisant notre côté sombre cultivé : nos gènes égoïstes.
L’État possède le monopole sur les trois pouvoirs : judiciaire, exécutif et législatif. Il dirige par les lois, mais surtout par des idées mythiques, fascinantes et sublimes. L’individu est seul et impuissant dans une société Hobbesienne de loups. Il met son salut dans l’État qui lui promet la sureté, mais qui ne lui donnera ni paix ni liberté : Le berger est le loup.
L’État ne survit que par la gestion de la violence qu’il cultive lui-même. Il fabrique la violence-réactive et utilise ensuite la violence-étatique pour combattre ce qu’il a produit. Il qualifie sa violence comme une raison d’État légitime au nom du peuple pour sauver le peuple de lui-même. Il se donne le monopole et la légitimité de sa violence : il contrôle, commande et punit toute opposition ou résistance.
L’État gouverne par la violence qui a trois formes :
– dure : pour contrer la résistance dure : révolution, rébellions…
– douce : pour contrer la résistance douce : manifestations …
– sucrée : séduction par l’Éducation, la Culture et la Technologie.
L’État peut prendre des formes variées, mais sa vocation est la même : se conserver et se reproduire à n’importe quel prix.
Dans la modernité, l’État se légitimise par : la sécurité, le contrat social, la raison d’État et la représentation démocratique.
Cette représentation est impossible à cause de l’impossibilité de représenter des millions de personnes par un échantillon représentatif et à fortiori par une seule personne, qui va plus diriger que représenter. La représentation est biaisée, car le pouvoir achète tous les réseaux d’influence (politiques, culturels, médiatique). Derrière la façade démocratique, il y a un système totalitaire qui décide sur tout. Il nomme les présidents, les dirigeants, les fonctionnaires, les élites… Il peut mobiliser toute sa population dans les crises. Hitler a pu utiliser toute sa population dans son effort de guerre, les alliés aussi. Après la deuxième guerre, la nation est restée au service du pouvoir qui peut décider de tout : économie, politique, sociale, militaire…
Le système et l’État ne peuvent être séparée : l’un vie de l’autre. Il s’agit de déconstruire le système plus que l’État. Le système est éparpillé dans toutes les sphères de la société à toutes les échelles comme un réseau de barbelés. Il est dans toutes les institutions du macro (gouvernement, ministères, partis) au micro (famille, entreprises, communautés).
L’État est totalitaire quel que soit son aspect : religieux ou laïque, communisme ou capitaliste, libéral ou conservateur et de gauche ou de droite. La gauche est pire que la droite, car elle dit être le parti du peuple qui défend son bien-être, la paix et la liberté. La gauche n’est que l’autre face de la droite ; celle de la séduction humaniste. Il ne s’agit pas de déconstruire un État particulier (droite ou gauche, Nord ou Sud), mais tous les États !
A. Benmoahmmed
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