Omri, Tu me manques
On en veut toujours aux autres
Et presque jamais à soi
Notre égo nous détruit
Peur de concéder notre laideur en face
De dire pardon et de pardonner
Toujours l’incompréhension nous ruine
Toujours la parole trahit et l’ingratitude oublie
Alors, on se tait, on écoute l’autre, on ne répond plus
Alors, on s’en va s’ensevelir
Dans notre solitude, notre soupir, et notre cercueil
Et dans mille ans d’éternité
On regrettera cet instant éternel
Quand notre poussière disparaîtra
Sous les flammes de la vermine
De notre secret, notre suffisance, et notre insignifiance
Il y des jours
De soleil radieux, de mer bleue, et de sable fin
Et des jours de ciel gris mélancolique
D’orages abattus et de pluie fine …
De regards perdus et de soupirs profonds
Qui nous font penser à nos rêves d’enfance,
À ces îles de jeunesse et ces folies de tendresse
À ces rencontres et ces départs
À ces nuits et ces aubes
À ces cités perdues et ces humains qui s’entretuent
Et à ce miracle d’être encore vivant
Alors on se soule et on sourit
À nous-autres …
À ce passage éternel
À ces haines, ces amours, et ces indifférences
À ces espoirs désespérés
À ces rencontres, ces départs et ces absences
A toi, à moi et à nous-autres
Omri, Tu me manques
A. Benmohammed, dans : Omri, Poésie