État-Politique : Culture, Démocratie et Totalitarisme
« Les hommes passent la moitié de leur temps à se forger des chaînes et l’autre moitié à les porter. », Octave Mirbeau
Le pouvoir est une puissance qui a la capacité d’influencer ou de contrôler les pensées et les actions des autres individus. Il peut être utilisé de manière abusive et violence pour les oppresser et les exploiter. L’oppression interne est pire que la violence externe. Elle encellule la pensée pour le faire soumettre de l’intérieur par la culture. Cette pensée vie pour son asservissement.
On passe toute notre vie à vivre et mourir pour des idées de vérité et de vertu pour se rendre compte à la fin de sa vie qu’on s’est battu pour des idées cultivées par notre société pour l’intérêt de l’État qui est responsable de la tragédie humaine, car il pousse les humains à se dévorer entre eux !
Le système ne cherche qu’à dresser son troupeau en lui donnant tout ce qui est nécessaire pour son engraissement : nourriture, logement, santé, culture, plaisirs, drogues, et perversions dans des maisons closes. Il rentre dans notre conscience par effraction afin de nous manipuler de l’Intérieur à notre propre insu. On pense par sa pensée !
Le système fait son servage de la naissance à la mort par ses institutions qui nous cultivent dans une identité glorieuse et un destin historique qui exige des sacrifices. L’identité est un enjeu électoral ou le populiste fait la promotion de ses valeurs civilisées contre l’étranger barbare.
L’humain est impuissant devant la puissance de l’État qui nous conduit à la prolifération des haines identitaires, des armes de destruction et des bouleversements climatiques.
Notre Civilisation est celle de la soumission à un État par la terreur de la peur et l’attraction du désir. La peur est cultivée à toutes les échelles humaines jusqu’au voisin de palier. L’angoisse va nous livrer à une soumission collective à une classe, association, ou confrérie.
Tout système est conservateur. On le voit dans sa phobie sécuritaire et sa force de réprimande pour maintenir ses règles, ses lois, et ses ordres sous couvert de droits (démocratiques), de valeurs (libérales), et de civilisation (judéo-chrétienne) qu’il voudrait universelle et millénaire.
Le Pouvoir fabrique le totalitarisme et sa réaction, la résistance : une violence pour justifier sa réaction contre la violence. L’objet des révolutions n’a jamais été la destruction de l’État, mais sa reconduction sous une nouvelle autorité.
La Révolution française a repris le trône au Roi au nom de la démocratie du peuple pour le redonner à la bourgoisie. Il n’a jamais tenu ses serments de liberté, égalité et fraternité.
Le Marxisme a repris le pouvoir du Capital au nom des travailleurs. Il s’institue alors par la violence du parti unique pour toujours. Il refuse l’alternance ou le passage à la phase communiste par la destruction de l’État. Les anarchistes veulent bien détruire l’État pour fonder une organisation fondée sur la liberté, mais ils ne savent pas comment la gérer.
La Démocraties encourage la montée du populisme, abstention et la désinformation : surveillance numérique et contrôle de l’opinion grâce à la culture et aux médias. La représentativité démocratique est impossible, car le Pouvoir financier achète tous les réseaux d’influence (religieux, intellectuel, économique, politique, médias) sous son autorité.
L’État exporte aussi sa violence vers l’extérieur. La guerre se fait entre états qui se connaissent bien, mais la haine est cultivée entre des étrangers qui ne se connaissaient pas.
Il faut reconnaitre notre nature pour prendre conscience de ce que nous sommes et non pas de ce qu’on est devenu pour éviter ces violences chroniques qui sont arrivées à la lisière du chaos à cause des armes de destructions que peut posséder un groupe fanatisé dans une identité tragique.
Le totalitarisme est fondé essentiellement sur des idées totalitaires cultivées par des ‘élites intelectuels’ de service afin d’asservir les citoyens par leurs pensées, c’est à dire leurs connaissances, cultures, raisons, éthiques, valeurs… Les élites qui devaient émanciper les peuples sont ses pires ennemis. En plus de l’État, on se retrouve alors avec deux autres ennemis ou virus plus dangereux : les autres et surtout soi !
Puissance : Violence, Richesse et Connaissance
« nous sommes condamnés à un processus de gestion sans fin … de la violence », Kissinger
La nature de l’humain est de refuser toute autorité : celle du divin, de la nature, de l’état, de la société ou de raison. Pourtant toute son histoire est celle de la soumission.
L’autorité de l’État s’exerce par la raison d’état qui est un grand mensonge que le peuple accepte pour survivre. Il donne l’impression de changement par le changement de ses figures. Personne ne peut le remettre en cause sinon un fou, un traitre ou pire un terroriste. La résistance n’apprend jamais de ses défaites. Elle méprise le pouvoir pour l’étudier dans sa systémique. Elle est divisée dans son corps et son esprit jusqu’à l’individu et l’individualité.
L’État est sûr que sa puissance le protège et le conserve du peuple et des autres nations. Il est juste occupé à conserver et accroitre cette puissance. Le pouvoir possède trois mécanismes de puissance :
Violence : L’État ne survit que par la gestion de la violence qu’il cultive lui-même. Il est pervers, car il qualifie sa violence comme une raison d’État légitime au nom du peuple pour sauver le peuple de lui-même. Il se donne le monopole et la légitimité de sa violence : il a le devoir plus que le droit de contrôler, commander et de punir de toute résistance réactive.
Richesse : Toutes les ressources et richesses naturelles et humaines sont la propriété de l’État qui a le privilège de la collecte des impôts qui lui assure la puissance de la richesse qu’il va redistribuer à ses élites et sa bureaucratie pour se renforcer. Il peut acheter toutes les élites influentes et toutes les oppositions et donc le pouvoir et le contre-pouvoir! La violence permet d’acquérir aussi de la richesse par la guerre.
Connaissance : La connaissance est une source de pouvoir avec la maimise sur l’information, la culture, l’éducation, la psychologie, la cybernétique et la science technologique. Elle donne au pouvoir la capacité d’adaptation aux révolutions. La connaissance permet aussi d’accéder à la richesse.
La nouvelle puissance est celle de la connaissance qui détient la puissance de la richesse et de la violence. Le pouvoir est maintenant aux mains exclusives de la connaissance.
Google, Amazone et Facebook ont contribué à 60% aux dons pour les sénateurs américains qui deviennent ainsi leurs employés qui vont faire des lois en leurs faveurs. Northrop a contribué à 2 millions de $ aux sénateurs ; 43% aux démocrates et 57% au républicains. Toute la classe politique et aussi médiatique est ainsi au service du nouveau capital.
La puissance de l’État avec son complexe militaro-industriel va produire toujours des violences plus virulentes : guerres civiles, économiques, cybernétiques … Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley va produire le pire des mondes !
Le Pouvoir est défié par de partout : mondialisation, technologie et cybersécurité, inégalités économiques, changement climatiques, immigration, santé, gouvernance…
Le pouvoir a toujours deux défis perpétuels à relever:
– défis internes : il doit gérer des institutions de pouvoir à toutes les échelles de la société avec des lois, des policiers et des prisons pour les faire valoir. Ces institutions de justice deviennent des outils d’injustice par la force des choses : les lois ne sont pas naturelles, mais obéissent à des lobbys de pouvoirs qui vont produire des fractures sociales qui s’approfondissent avec le temps dans une entropie de l’ordre au désordre et finalement au chaos inévitable. L’Ordre produit du désordre qui a besoin de l’ordre pour éviter le chaos. Ordre, désordre et chaos sont l’essence de tout pouvoir. Il est impossible de garder le pouvoir pour toujours par la violence, Ceci produit des cycles de révoltes, d’insurrections et révolutions qui vont non pas détruire le pouvoir, mais le reproduire dans des cycles de pouvoir et donc de violence perpétuelle qui emmènent à la catastrophe globale.
– défis externes : Il doit étendre sa puissance en dehors de son territoire en exportant aussi ses problèmes internes à l’extérieur en créant des haines, des ennemis et donc des guerres. La tragédie est que ce ne sont pas les États qui font les guerres, mais les peuples pour le compte de leurs États. Le peuple est une ferme à vache dont le destin est l’abattoir.
Résistance : Insurrection, Révolte, Révolution et Pacifisme
« le mot révolution, est un mot pour lequel vous tuez, pour lequel vous mourrez, pour lequel vous envoyez la masse travailleuse à leur mort, mais qui ne contient aucun contenue ». Simone Weil
Le peuple réagit au pouvoir par :
– une insurrection se fait par des insurgés quand l’État est à son paroxysme d’injustice ; violations des droits humains, conditions économiques précaires et oppressions. Il ne donne aucun choix au peuple marginalisé que le soulèvement pour renverser le pouvoir. En général, cela finit par un bain de sang, car le pouvoir à la violence nécessaire pour mater les insurrections sans aucune limite de violence. En cas d’échec de l’État, l’armée va profiter pour faire un coup d’État et récupérer la colère du peuple en décapitant l’ancien régime pour le remplacer par un autre de sa couture.
– une révolte organisée par des acteurs occultes qui n’ont aucun plan sur le projet de société. Elle utilise les frustrations accumulées qui deviennent intolérables. On détruit, et après on se retrouve dans un vide qui va être vite récupéré par des déchets idéologiques qui promettent de l’ordre, de la justice, de la fraternité et de la liberté, mais qui vont ramener que du désordre. Ceci va entrainer les foules vers les fosses communes jusqu’a l’arrivé d’une nouvelle dictature pour rétablir l’ordre et donc plus de désordre jusqu’au chaos final.
– une révolution est une meute de chacals qui rugissent devant des lions. Elle cherche à établir un nouvel ordre et de nouvelles institutions par la destruction de l’ancien ordre. Elle résulte du désir de pouvoir non pas d’une classe, mais d’une élite. La révolution bourgeoise a détrôné la royauté en se servant du peuple par une promesse illusoire d’une démocratie de fraternité, d’égalité et de liberté. La révolution prolétaire a fait rêver le peuple par une promesse mensongère d’une justice sociale, économique et fraternelle.
– Le pacifisme croit que la violence est immorale et que des solutions non violentes sont possibles avec des marches, des grèves ou des désobéissances civiles. Le système a l’Art d’infiltrer et de dévier ces protestations pour les faire éteindre. Il va emprisonner les leaders et diviser le peuple.
L’histoire nous apprend que les modèles violents de Malcom X et pacifiques de Luther King ont échoués. Les deux ont été assassinés. Le Tché s’est fait tuer par la trahison du peuple, mais aussi et surtout de ses idées communistes. Mandela a certes épargné à son peuple de l’apartheid, mais le pays est vite rentré dans la mondialisation. Les modèles socialistes d’indépendance des pays du Sud ont tous échoués dans des dictatures et des guerres civiles bestiales.
L’occident qui s’était déchiré dans des guerres de religion, de nation et d’Empire s’est retrouvé divisé dans une guerre froide idéologique entre capitalistes et socialistes qui ont faillit produire une extinction nucléaire de l’humanité.
Le modèle révolutionnaire de l’URSS a éclaté après sa guerre en Afghanistan. Il ne pouvait supporter des dépenses énormes dans cette guerre impossible à gagner contre le djihadisme. L’URSS a accouché de la Russie et des pays de l’Est qui sont tous devenus capitalistes. Le Capital est le Nouvel Empire, mais pas pour longtemps. La Chine communiste a bien appris sa leçon ; qu’importe la couleur du chat pourvu qu’il attrape des souris. Les USA sont confrontés au : monde musulman (support d’Israël), la Russie (guerre en Ukraine) et la Chine (Taiwan et le défi éconmique).
Le modèle des printemps arabes est une vraie tragédie, car ces révolutions ne sont pas allées au bout de leur révolution. Une demi-révolution est toujours une tragédie. Ils ont été produits par les usines de contre-insurection.
La réponse à la tragédie humaine ne peut venir ni des politiciens ni des intellectuels qui jurent que les intérêts de leurs concitoyens viennent en premier lieu. Ils promettent un programme économique qui va ramener du profit. En réalité, ce sont leurs intérêts et ceux de leurs sponsors qui dominent.
Les modèles de résistance sont inadaptés à un pouvoir qui a la puissance de la violence, de la richesse, et de la connaissance. Il reste à la résistance de créer un nouvel Art de la résistance cosmique capable de :
– connaitre la connaissance, sa puissance et son inconscience.
– comprendre l’État dans toutes ses particules élémentaires.
– avoir une vision et un projet : la Grandeur de la Conscience contre la Puissance du pouvoir !