V. Violence : État, Empire et Capitalisme

État : Le Totalitarisme Nationale

On nous assure que l’humain ne peut survivre sans son État qui est nécessaire à sa survie et à son élévation de la barbarie à la civilisation. Pourtant, l’Humain a existé et survécu en dehors de l’État pendant des millénaires. Il a assuré ses propres besoins vitaux (sécurité et nourriture). L’humain a réussi à survire l’humain en se réfugiant dans des zones inaccessibles et inhospitalières : forêts, déserts, arctiques… Les nomades, les bédouins et les esquimaux se sont bien acclimatés à leur milieu. Ils ont comme modèle la Nature et la Liberté. Ils refusent d’être restreints dans un terroir qui prend leur sang, leur sueur, leur taxe et les assujettit à des lois inhumaines.

Oui, il est possible de vivre sans l’État. Mais, plus maintenant depuis que l’humain a délégué sa vie à l’État : il est alors incapable d’assurer sa sécurité et sa nourriture. Il se retrouve malgré lui, aux mains d’un système totalitaire que nous décrit le dictionnaire de Cambridge : « la croyance qu’un gouvernement devrait avoir un pouvoir total sur ses citoyens. ».

Nous existons dans un monde où il n’y a aucune autorité au-dessus de celle des États. L’État a remplacé le Divin. Il a son prophète qui est son président, ses prêtres qui sont ses élites, ses églises qui sont ses institutions, ses versets qui sont ses Lois, son paradis qui est sa richesse et son enfer qui est sa prison.

L’État est une institution illégitime qui dans les anciens temps avait besoin juste d’utiliser la violence et n’avait besoin d’aucune autre légitimité que celle de la puissance divine du Prince. Comme l’État ne peut policier tous ses citoyens, il a besoin de les endoctriner avec les idées, la psychologie et la technique. Les idées ne sont que des constructions préfabriquées par les élites qui subliment l’esprit afin de le dominer en utilisant notre côté sombre cultivé : nos gènes égoïstes.

Dans la modernité, l’État se légitimise par : la sécurité, le contrat social, la raison d’État et la représentation démocratique.

Cette représentation est impossible à cause de l’impossibilité de représenter des millions de personnes par un échantillon représentatif et à fortiori par une seule personne, qui va plus diriger que représenter. La représentation est biaisée, car le pouvoir achète tous les réseaux d’influence (politiques, culturels, médiatique).

L’État possède le monopole sur les trois pouvoirs : judiciaire, exécutif et législatif.  Il dirige par les lois, mais surtout par des idées mythiques, fascinantes et sublimes. L’individu est seul et impuissant dans une société Hobbesienne de loups. Il met son salut dans l’État qui lui promet la sureté, mais qui ne lui donnera ni paix ni liberté : Le berger est le loup.

L’État ne survit que par la gestion de la violence qu’il cultive lui-même. Il fabrique la violence-réactive et utilise ensuite la violence-étatique pour combattre ce qu’il a produit.  Il qualifie sa violence comme une raison d’État légitime au nom du peuple pour sauver le peuple de lui-même. Il se donne le monopole et la légitimité de sa violence : il contrôle, commande et punit toute opposition ou résistance.

La violence a deux formes de violence :

– dure : pour contrer la résistance dure : révolution, rébellions…

– douce : pour contrer la résistance douce : manifestations …

L’État peut prendre les formes variées (despotique ou démocratique), mais sa vocation est la même : se conserver et se reproduire à n’importe quel prix.

Derrière la façade démocratique, il y a un système totalitaire qui décide sur tout : les pensées dominantes, l’éducation, la culture, les valeurs… Il nomme les présidents, les dirigeants, les fonctionnaires, les élites… Il peut mobiliser toute sa population dans les crises. Hitler a pu utiliser toute sa population dans son effort de guerre, les alliés aussi. Après la deuxième guerre, la nation est restée au service du pouvoir qui peut décider de tout : économie, politique, sociale, militaire…

Le système et l’État ne peuvent être séparée : l’un vie de l’autre. Il s’agit de déconstruire le système plus que l’État dont le système est éparpillé dans toutes les sphères de la société à toutes les échelles comme un réseau de barbelés. Il est dans toutes les institutions du macro (gouvernement, ministères, partis) au micro (famille, entreprises, communautés).

L’État est totalitaire quel que soit son aspect : religieux ou laïque, communisme ou capitaliste, libéral ou conservateur et de gauche ou de droite. La gauche est pire que la droite, car elle dit être le parti du peuple qui défend son bien-être, la paix et la liberté. La gauche n’est que l’autre face de la droite ; celle de la séduction humaniste. Il ne s’agit pas de déconstruire un État particulier (droite ou gauche, Nord ou Sud), mais tous les États !

 

Empire : Le Totalitarisme Impériale

L’Histoire est marquée par la quête de puissance qui était reliés à la terre et la démographie. Des villages furent regroupés par une absorption forcée ou par une coalition en petits royaumes, puis dans des États et enfin dans des Empires qui sont toujours constamment engagés dans des conquêtes et de guerres d’hégémonies sans fins contre d’autres Empires.

L’Impérialisme est l’extension de la violence interne de l’État-national au reste du monde par la violence. L’Empire vit par une culture de violence qui alimente sa puissance. Il ne peut survivre sans ennemis et sans violence perpétuelle.

Caton l’Ancien dans ses discours au Sénat romain rugissait : « Carthage doit être détruite », en réalité, Rome cherchait à détruire sa rivale pour la domination de la Méditerranée. Une fois la menace carthaginoise écartée et en l’absence de problème extérieur, les Romains s’entretuait.

Pour se protéger ou se renforcer devant les autres états-nationaux, l’État est condamné à étendre ses frontières sans fins afin de conquérir d’autres terres afin de croitre sa puissance. Il a finalement pris des proportions mondiales avec l’Empire Européen et finalement l’Empire Américain.

Comme l’État, L’empire a deux fonctions essentielles qu’il gère par la violence :

– conservation : gérer les résistances internes.

– renforcement : étendre l’influence externe.

La gestion de la violence se fait selon la résistance ; dure (violence : révolution…) ou douce (pacifique : manifestation…).

Le totalitarisme est une culture de violence. Toute crise nationale qui dégénère est déviée dans une guerre externe contre les autres sous toutes les formes : esclavagisme, croisade, colonisation… et au nom de tous les mensonges idéologiques : liberté, valeurs, humanisme, civilisation … L’empire doit diaboliser et préparer ses citoyens avant de faire ses génocides.

L’Empire n’est civilisé, respectant les lois, que dans son territoire-national. Il n’a aucune volonté d’étendre ses valeurs-civilisées à son Empire. Dans ses régions qu’il considère comme son butin de guerre, il se permet tous les abus : prise des ressources naturelles, spoliation des habitants, esclavagisme par le travail, bestialité et génocides en toute impunité.

La violence génère des formes diverses réaction qui vont du pacifisme aux révolutions, révoltes et jusqu’à l’ultime réaction ; le Terrorisme. Ce ne sont pas les terroristes qui créent la terreur, mais le totalitarisme qui le confectionne afin de justifier son existence. Le peuple terrorisé va demander à l’État et à la ‘communauté internationale’ de le secourir. L’État va intervenir au nom de la liberté dans la terreur et créer des lois antiterroristes qu’il va garder même en temps de paix pour mieux surveiller le peuple afin d’éradiquer ses opposants.

Les élites politiques sont formatté pour le totalitarisme. Ils ne peuvent concevoir la paix qu’à travers la domination militaire et la défaite des adversaires quel que soit le prix humain. Ils rejettent ensuite toute responsabilité des conséquences de leur bestialité sur la défense contre la bestialité.

Les discours de haine des élites de l’empire nous rappellent les slogans des nazis « Juda verrecke » (Que Juda crève) contre les juifs et des Américains the « Axis of Evil » (l’axe du Mal) contre les musulmans. Depuis toujours, pour cimenter un peuple en temps de crise, il est plus facile au pouvoir d’inciter à la haine que l’amour, car c’est par la terreur plutôt que par l’empathie que les peuples sont conduits au sacrifice.

L’Empire dit combattre le fascisme nazi, le communisme rouge ou le terrorisme vert. Le fascisme moderne n’est circonscrit au nazisme ou au communisme. Il est l’hériter et le produit de la pensée impérialiste occidentale radicalisée pour qui le darwinisme social est une nature plus qu’une culture.

États et Empires finissent toujours par s’effondrer pour plusieurs raisons systémiques complexes : centralisation, corruption, crise économique, rébellion, révolution, guerres, changement climatique, épuisement des ressources…

Tous les Empire finissent par un échec à cause de leurs incapacités à s’adapter aux défis de la complexité locale et globale qui change tout le temps. Les résistances aussi ont toutes échouées. Elles sont recyclées par le système sous un autre voile. Même lorsqu’elles conquièrent le pouvoir, elles vont se recycler dans un nouveau pouvoir souvent plus violent.

Les États et les Empires se font plus discrets avec l’arrivée du Capitalisme dystopique qui inonde la terre avec son désir technologique qui aspire à mettre fin à l’histoire. On est dans le meilleur des mondes; On festoie en plein choléra !

 

Capitalisme : La Fin de l’Histoire ?

Avant les révolutions françaises et russes, les États européens progressent dans des Royaumes européens (Espagne, Portugal, France, Angleterre) qui étaient surtout centrés la rente, les impôts et les colonies et non pas sur le marché et les finances.

Après les révolutions, ces royaumes ont continué à s’étendre avec l’apparition de la nouvelle bourgeoisie capitaliste qui détenait les monopoles industriels qui vont ensuite se fixer dans les seuls monopoles financiers qui exigent une expansion mondiale pour accroitre leurs richesses et donc leurs puissances.

La crise du canal de Suez en 1956 a marqué la fin de l’influence impériale britannique qui détenait les mers et le Moyen-Orient. Cet échec a démontré l’incapacité de l’Empire anglais à maintenir son empire par la force, renforçant les mouvements d’indépendance à travers le monde.

Avec la deuxième guerre mondiale, on assiste à la naissance de l’Empire US avec sa mainmise sur le pétrole du Moyen-Orient et la facturation en pétrodollars. C’est le début du dernier Empire de l’Histoire : Le Capitalisme !

Le capitalisme est la phase finale de l’Empire US qui pense clôturer l’histoire après la chute de l’URSS. Les pays de l’Est et même la Russie et la Chine finissent tous par joindre le marché capitaliste. La chute de l’URSS est due à son retard économique et le retour de la Chine à cause de son retour au model capitaliste, mais pas au système politique.

L’impérialisme capitaliste a évolué en plusieurs phases :  le mercantiliste, qui a cédé la place au XIXe siècle au libre-échange et le néo-mercantiliste qui a pris fin après la Seconde Guerre mondiale. Le Capitalisme va déconstruire les idées de nationalisme pour les reconduire vers le marché-libre mondial.

Le Capital est cupide. Il recherche une « accumulation de richesse sans limite ». Dans ‘La machine insatiable, comment le Capitalisme a conquis le monde’, Revor[i] affirme que le capitalisme est le produit d’une évolution de l’Empire qui ne peut arrêter sa propre croissance et qui finit dans la tragédie écologique à cause d’une économie fondée sur l’accumulation et la consommation infinies de ressources finies et non renouvelables.

 

Le Capital, à travers l’État, a le privilège de la collecte des impôts qu’il redistribue à ses élites. Dans ce nouvel ordre mondial, Toutes les richesses naturelles et humaines sont la propriété du Capital qui peut ainsi acheter toutes les élites ainsi que les oppositions. Il a le pouvoir et le contre-pouvoir.

Le Capital donne l’opulence à son élite, une minorité, et délaisse la majorité qui produit sa richesse : 1% gouverne 99% de la population dans un esclavagisme moderne : le travail !

Le capital institue l’exploitation par la division du travail. L’humain atomisé et aliéné est cultivé, formé et formatté pour être un bon citoyen travailleur dont la seule relation avec son état est l’obédience aux lois et le payement des taxes.

Le capital a perverti notre finalité humaine dans l’argent avec un désir virale de nouveaux besoins absurdes qui ne sont pas des nécessités de survie comme la sécurité ou la nourriture. On accumule  des choses sans fin qui engorgent nos poubelles et pollue notre nature. Le désir est une drogue qui est toujours disponible par la carte de crédit et ses dettes. Ces besoins deviennent des signes de liberté, alors qu’ils sont des signes de dépendance d’une drogue : le Capitalisme qui crée ces besoins artificiels pour vendre ses produits.

L’économie est une pseudoscience qui produit des crises systémiques. Les inconnues sont nombreuses et les relations complexes. Les données, les statistiques et les modèles ne peuvent ni expliquer ni résoudre la complexité de la réalité. Seuls, les Élites du pouvoir qui nous gouvernent par leurs discours, nous affirment encore qu’ils vont résoudre notre crise. L’objet de l’économie n’est pas de nous faire comprendre, mais de faire posséder la puissance au pouvoir pour lui assurer les ressources sans limites dans le pays et le monde.

Le Capitalisme est en crise entre une élite et le reste de l’humanité. Il ne s’agit pas de posséder la puissance pour perpétuer le conflit, mais de revenir à la grandeur de notre conscience humaine qui est la seule à arrêter cette folle histoire de la quête de la Puissance avant qu’il ne soit trop tard.

Pendant que l’impérialisme capitalisme jouie avec perversité macabre de sa conquête du marché mondial, un autre prédateur fait son entré en toute discrétion : la Machine Intelligente qui va prendre le pouvoir pour mettre fin non pas au Capital ou à l’État-Impérial, mais à toute l’Humanité   !

A. Benmohammed

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