VI. Résistance : Endurance, Art et Écologie

Résistance : Endurance, Art et Écologie

  1. Endurance – Art de la Résilience
  2. Art – Conscience de l’Humanité
  3. Écologie : Conscience de la Nature

 

La Puissance est le champ fondamental des relations sociales. La Résistance est la sixième fondation de la Puissance que nous analysons avec les trois thèmes : Endurance, Art et Écologie

La Résistance a existé depuis que la violence existe, c’est à dire depuis la création des premiers tributs qui s’entretuaient pour le butin. Pour être libre, il faut être puissant pour ne pas succomber au plus puissant. La puissance est un rapport de force contre d’autres puissances. On ne peut survivre la puissance des autres si on ne peut leur résister. Si on est incapable de résister, alors on perd sa liberté, sa dignité et même sa vie.

La Résistance est un devoir plus qu’un droit. L’objet de la résistance est la défense, mais elle peut aussi énivrer et passer de la résistance à la conquête de plus de de puissance. Le pire est de se trouver dans un jeu tragique existentiel sans choix que de tuer ou de se faire tuer. Seulement, avec deux puissances nucléaires dogmatiques, il n’y aura point de survivants.

 

Endurance : Art de la Résilience

La nature de l’humain est de refuser toute autorité : que ce soit le divin, la nature, l’État, la société ou la raison. Pourtant, toute l’histoire humaine est celle de la soumission et toutes les résistances n’ont débouché qu’a des changements de régime.

L’humanité est impuissante devant l’État qui nous domine, nous humilie et nous assujettit. Notre essai consiste dans la déconstruction de la Puissance, mais aussi et surtout la reconstruction de la Résistance, car des milliers d’analyse se concentrent sur la déconstruction et peu sur la reconstruction.

La reconstruction consiste en premier lieu à répondre aux deux formes de violence (dure et douce) étudiées dans notre essai sur la violence avec deux modes de résistances :

résistances dures (violentes) : révolutions, insurrections et rébellions. On ne peut battre la violence par la violence

résistances douces (non-violente) :  réformes, protestations et désobéissances civiles. On ne peut battre la violence par la naïveté.

La puissance est par nature coercitive. Elle peut devenir intolérable au vaincu, la Résistance est alors nécessaire pour sauvegarder sa vie. La résistance est un acte de défense légitime et non pas d’attaque arbitraire, même si elle peut être utilisée par des opposants pour prendre le pouvoir et le reconduire dans une violence révolutionnaire qui peut dépasser la terreur du pouvoir.

En général, c’est la violence du pouvoir produit la violence de la résistance qui reproduit la violence du pouvoir. La boucle est bouclée. Devant la violence toujours plus grande du pouvoir, l’humain va réagir avec des idées qui aggravent son Mal : un État plus violent et une réaction de résistance plus violente.

Les pouvoirs demeurent toujours même si leurs visages changent et les résistances échouent toujours, car elles ne s’adaptent jamais aussi bien que le pouvoir. Elles continuent dans des discours magiques qui font des étincelles sans faire de feux.

Le Combat entre pouvoir et résistance est tragique quand il s’agit de tuer pour ne pas mourir. Les deux ennemis veulent l’extermination et non pas la victoire dans un jeu existentiel sans choix que de tuer ou de se faire tuer. Avec deux puissances nucléaires dogmatiques, il n’y aura point de survivants.

La Tragédie est aussi dans ces guerres civiles avec ce corps combat ses microbes avec ses anticorps afin de survivre les germes qui l’habitent pour le tuer.

La Résistance a existé depuis que la violence existe, c’est à dire depuis la création des premiers tributs qui s’entretuaient pour le butin. Pour être libre, il faut être puissant pour ne pas succomber au plus puissant. La puissance est un rapport de force contre d’autres puissances. On ne peut survivre la puissance des autres si on ne peut leur résister. Si on est incapable de résister, alors on perd sa liberté, sa dignité et même sa vie.

La Résistance est un devoir plus qu’un droit ancrée dans la nature humaine. L’objet de la résistance est la défense, mais elle peut aussi énivrer et passer à la quête de puissance. On résiste contre les lois d’un pouvoir illégitime.

La résistance doit toutefois reconnaitre ses erreurs historiques. On doit penser la résistance en dehors des résistances dures ou douces. Il existe des voies qu’il faut déterrer et adapter au contexte. Nous devons revoir l’histoire pour comprendre pourquoi nous avons échoué pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Les États apprennent, mais pas les peuples. La résistance a échoué, car elle a combattu dans l’émotion et non pas la raison.

On a besoin d’un Art de la Résistance comme le pouvoir possède son ‘Léviathan’, son ‘Prince’ et son ‘Art de la Guerre.’ La résistance est un Art et non pas une idéologie, une indignation, ou une émotion. Le Résistant n’est pas un crétin qui se fait harakiri. Ce n’est pas un pleurnichard qui s’indigne devant un mur des lamentations ou un kamikaze qui se fait exploser parmi des civils.

Il ne s’agit pas de faire des révolutions ou des manifestations, mais de créer de nouvelles formes d’organisations humaines en dehors des institutions politiques en comprenant et en déconstruisant les fondements idéologiques et idéalistes des sociétés : civilisation, identité, valeur, égalité, liberté, fraternité, …

Nous avons besoin de refonder la Résistance dans l’Endurance pour contrer la contrainte physique et mentale dans le temps. L’Endurance n’est pas une force morale de résistance contre l’injustice, c’est une qualité naturelle de l’humain qui ne se décourage pas, ne se laisse pas battre malgré tout et reprend le combat non pas dans le désespoir, mais dans la détermination.

L’Endurance est la capacité de persévérer dans la durée face à la difficulté avec une résilience apte à s’ajuster, récupérer et rebondir après un choc. Toutes les colonisations et les despotismes ont fini par partir après des années, des décennies ou des siècles d’endurance grâce à la résilience, la volonté et la conscience.

 

Art : Conscience Humaine

La fin des religions nous renvoie à un vide effrayant, mais aussi une responsabilité à remplir notre vide et éviter le retour des monstres du passé. Les religions ont fait place aux idéologies du Vrai et du Bien. Il temps de penser à une mutation cognitive qui se fonde sur une Vision impensée qui nous sort de notre pensée pour aller vers notre origine et notre destin : la Nature cosmique.

Les mythes, les religions, les idées, les raisons et les modernités sont restées dans la caverne obscurantiste sans lumière pour imaginer toute la majesté de la conscience de soi qui commence par l’Art qui unit notre conscience interne à celle de la nature et du cosmos.

Descartes disait que la raison est la chose la plus partagé dans le monde. Oui, elle l’est, car elle a été cultivée dans le berceau locale. Toutefois, on doit se rendre à l’évidence : La raison divise l’humanité dans celui qui est vrai et celui qui a tort ainsi que celui qui est divin et celui qui est diable. C’est le Beau dans la littérature, la poésie, la peinture, la musique … qui est le plus partagé naturellement dans le monde.

La vision esthétique débouche sur une conscience esthétique. L’enfant nait avec une conscience esthétique qui s’exprime dans son enchantement de la nature et du cosmos. Il commence à peindre avant de savoir parler. Il devient raisonnable par la culture enseignée et cultivée dans les institutions de l’État. La Raison est dangereuse, car elle est devenue La raison d’État par laquelle elle nous soumet. La raison d’État a tué dieu pour prendre sa place. Elle devait régner comme une divinité monothéiste. Il y’ a un seul Dieu et c’est la raison d’état !

L’Art peut être un redoutable objet de résistance, au-delà des violences que nourrissent les révoltes, révolutions, nihilismes et insurrections contre l’autorité centrale de l’état qui s’alimente de ces réactions désespérées et suicidaires. Les révolutions ont toutes échouées et ont menées au génocide des guerres civiles.

Tous les systèmes politiques : religieux, monarchistes, autoritaires, républicains, libéraux ou démocratiques ont cherché à faire de l’artiste un allié qui œuvre pour leurs systèmes. Ils l’utilisent comme dans les musées, l’architecture, la peinture, musique… afin de glorifier leurs leaders. L’Art est aussi utilisé comme un élément de divertissement avec les spectacles.

L’art esthétique est un fabuleux moyen de résistance contre le pouvoir en déconstruisant les idées critiques par des images signifiantes et en offrant une vision esthétique alternative de la réalité. Il permet l’expression aux personnes désenchantées, désocialisées ou opprimés. Les artistes de la Renaissance ont utilisé leurs œuvres pour critiquer la domination de l’Eglise dominante, les artistes de la révolution marxiste ont utilisé l’art pour critiquer la bourgeoisie capitaliste et les artistes de la culture hippy ont utilisé leur musique contre la guerre du Vietnam.

Pour sortir de la vérité vertueuse d’une société aliéné par le paysage étatique, nous avons besoin d’une vision impensée. La vision esthétique exprime notre joie, émotion et fascination interne devant la beauté créatrice du monde extérieure. Cette vision est partout dans l’univers ; les diverses expressions artistiques bien sûr, mais aussi les philosophies et les sciences physiques et mathématiques. Un langage esthétique doit inclure toutes ces formes de pensées.

La vision esthétique nous permet de vaincre la laideur bestiale de la Cité par la beauté créatrice de la nature au-delà des Vérités et des vertus, des idéologies et des idéalismes et des diabolisations des autres et des divinisations de soi.

L’Art se réfugie dans l’imaginaire, l’esthétique et la technique avec un nouvel existentialisme de la virtualité, de l’hyperréalisme et de la simulation virtuelle.

L’Humain est un optimiste-résistant qui a la volonté de combattre par l’Art au-delà de la violence, du pacifisme et de l’intellectualisme. L’Art est le dernier refuge de notre conscience interne qui nous élève vers une conscience de l’humanité, de la nature et du cosmos !

La Conscience humaine, fondée sur une Vision esthétique, est une perspective d’entendement globale des choses qui se développent à partir de l’esthétique qui nous permet de sentir notre conscience cosmique à partir de notre conscience humaine subjective dans sa qualité essentielle : la beauté créative qui est va au-delà de la vérité vertueuse puisqu’elle nous raccorde à l’humanité, la nature et le cosmos.

 

Écologie : Conscience de la Nature est la voie vers la conscience cosmique

L’humain n’a pas réussi à dépasser dans son esprit son Dualisme existentiel entre sa culture et sa nature. Il est toujours encellulé dans une idée contre-Nature: La pensée philosophique :

– Platon qui vie dans l’idée de la réalité ; une idée qui a sombré dans des idéalismes et des idéologies. L’Idée tend à privilégier la réalité de la pensée, les idées ou les croyances sur la réalité de la nature, reléguant même la nature à une construction de l’esprit.

–  Descartes qui sépare l’humain (être pensant, res cogitans) et le monde qui est réduit à sa matérialité (matière étendue, res extensa). Descartes avec je pense donc je suis a privilégié la pensée à l’existence. La pensée devient donc la fondation de l’existence.

– Kant va faire la critique : Il limite la raison à l’expérience possible (le Vrai), la morale au devoir rationnel (le Bien), et il définit le Beau comme un plaisir prodigue et universel qui peut nous réunir.

La pensée philosophique va échouer dans le réalisme :

– l’existentialisme avec son individualisme, sa liberté absolue et son rejet de toute essence humaine.

– Freud et son inconscient qui nous soumet à des forces inconnues qui nous sombrent dans le désir et l’inconscience.

– la technique qui change notre monde notre réalité. La nature et même notre nature vers un univers machiniste et cybernétique.

L’anthropocentrisme : Il place l’être humain au centre de l’univers et de toutes les finalités. Il considère la nature comme une ressource qui existe pour satisfaire les besoins humains.

La résistance consiste dans la déconstruction des idées sur la culture comme une seconde nature. On doit déconstruire notre culture (le Vrai, le Bien et le Beau) comme une perversion de notre nature dont l’essence est de raccorder notre conscience humaine à celle du Cosmos en passant par la Nature. On doit reconstruire notre pensée de la nature comme l’essence des propriétés essentiels de toutes choses et de tout être. Il n’existe pas des choses et des êtres existants, mais seulement une nature des choses et des êtres vivants. La Nature est l’essence et le reste est son produit.

L’humain moderne considère la nature non pas comme un organisme complexe dont nous sommes dépendants, mais un simple réservoir de matières premières à exploiter sans fins pour sa nourriture et ses besoins énergétiques et de matières premières pour son bien-être.

L’humain utilise la nature comme des lieux ou passer ses vacances, des parcs zoologiques pour les enfants, des jardins pour son barbecue, des plantes pour son potager… avec un animal comme seul compagnie contre note solitude humaine.

Pourtant, la Nature nous montre des voies qui ne sont pas nullement d’adaptation, mais surtout de résilience :

– L’adaptation dans la Nature permet de survivre ou de maintenir un équilibre face à une contrainte du milieu. Chez les humains, elle implique de se plier à une nouvelle norme (politique, sociale économique…) en modifiant son comportement.

– La résilience est la capacité de se reconstruire et de trouver un nouveau chemin de développement après une catastrophe. Dans la Nature, ça peut être les feux de forêts, les éruptions volcaniques, les tempêtes … Chez les humains ça peut un traumatisme à la suite de la mort d’un proche, la guerre, la maladie …

La nature nous montre pleins de mécanismes de résilience : décentralisation, flexibilité des roseaux, la symbiose …

On ne peut exister sans son essence et donc sans sa nature. L’essence et la nature sont la même chose. C’est par la Nature que les particules et les forces élémentaires physiques existent et donc les atomes, les matériaux, les molécules, la biologie, la génétique pour arriver aux choses et aux êtres vivants et donc à la Nature.

Le génie créatif est dans le retour au sublime d’une nature dont il faut percevoir le code, l’immatérialité et l’immortalité.

L’art ne “représente” pas la nature, il nous fait sentir ce que nous sommes dedans ; une conscience de soi à partir de la conscience de la nature. On rentre alors dans une conscience interne de soi pour aller vers la conscience extérieure de la Nature et la conscience cosmique de tout l’univers.

Entre la violence de la Puissance qu’elle soit de l’État ou de la résistance, il y’ a une vraie grandeur : la conscience qui nous donne un lien, un sens et un projet humain.

La Résistance est une conscience de soi qui exige que nous sortions des sentiers battus d’éthique, de justice, de liberté et d’humanisme vers la conscience de la nature qui est la voie vers la Conscience cosmique. On peut aussi faire le chemin inverser ; commencer par la conscience cosmique pour aller à la conscience de la Nature et finir dans la conscience de soi

Sans la conscience de soi, on devient inconscient et on sombre alors dans le nihilisme, l’absurde et le désespoir. Avec la conscience de sa Nature, on a alors le sens et la finalité de notre vie, On sait pourquoi on résiste. On a la volonté de combattre et donc la résilience pour survivre tous les échecs de la vie.

 

A. Benmohammed 

 

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