I. Civilisation : Histoire, Religion et Philosophie

La Puissance est le champ fondamental des relations sociales. La Civilisation est la première fondation de la Puissance. Elle est composée par trois éléments que l’on va présenter : Histoire, Religion et Philosophie qui constituent encore les fondements de toute identité, société et civilisation.

On analysera les trois fondements de la civilisation :

  • – Histoire : comprendre notre histoire à partir de l’élément essentiel et existentiel de leur survie : La puissance. Comment les États acquièrent, conservent ou perdent leur puissance. Les États remontent à (4000 à 3000 av. J.-C.) en Mésopotamie.
  • – Religion : comprendre les croyances qui nous habitent et qui ont commencé par le mythe, le sacré et le rite. Elles continuent malgré la sécularité à jouer une forme fondamentale dans nos croyances. Ces croyances religieuses remontent à environ 300 000 ans chez nos ancêtres humanoïdes.
  • – Philosophie : comprendre le monde par la raison philosophique (logos) qui dépassent les fables de nos mythes. En Occident, on situe son apparition au VIe siècle av. J.-C.

 

Histoire : Guerres de Civilisations

L’Histoire doit être notre premier voyage vers notre sens humain, mais elle est confisquée, revisitée et cultivée dans une petite histoire-nationale par les États pour affermir la Gloire passé de sa Civilisation. Les institutions d’éducation et de culture (médias, maisons d’éditions, musée, écoles…) veillent à l’endoctrinement grâce à un historien qui invente une mémoire commune et un sociologue qui forge cette mémoire sociale.

L’histoire est manufacturée par les élites de service qui falsifient notre mémoire pour le compte du pouvoir en créant une nouvelle histoire qui nous emprisonne de l’intérieur. L’histoire que l’on nous raconte est une petite histoire de nos états-nationalistes qui se sont regroupés dans des communautés de destin sous le label de civilisation contre la Barbarie.

L’histoire n’est nullement une évolution de la barbarie vers la civilisation. La barbarie est la face cachée sombre de la Civilisation qui fonde et nourrit la Puissance avec les guerres au nom de la civilisation. La Barbarie est l’invariant de notre histoire qui a commencé avec nos mythes primaires qui ont évolué vers les concepts. Ce livre retrace l’histoire des civilisations à travers les penses fondatrices de la Puissance.

L’objet de ces élites de service est de souder les liens entre les citoyens pour les guider dans un destin historique : L’État-Nation ! Ce lien identitaire historique est fondé sur un combat héroïque de civilisation contre un agresseur barbare, bestial et inhumain. Ce lien ne nous unit pas par l’amour de nous-autres, mais par la haine de l’autre.

On appelle barbarie les autres qu’on veut conquérir et soumettre à la ‘civilisation’ pour justifier nos barbaries. On combat la résistance désignée comme de la sédition. Les autres appartiennent au « fascisme » : anti-Lumières, antilibérale, anti-impérialiste, antisémite, islamofasciste, antiblanc…

C’est au sommet des valeurs des Lumières (raison, objectivité et universalisme) que la barbarie nazie s’est exprimée. Le fascisme rouge fait place aux fascisme vert, jaune, et noire. Les civilisations ont besoin d’ennemis éternels pour des guerres perpétuelles. Les guerres barbares des civilisations durent depuis toujours : croisades, colonisations et libération ! Le présent est le plus grand témoin du passé à condition de le voir dans sa réalité bestiale et non pas dans son idée civilisée.

Comprendre une civilisation à travers son histoire n’est pas une chose aisée, car les faits exposés ne sont en réalité que des interprétations de faits qui tendent à justifier la grandeur d’une communauté à partir de quelque chose qui la solidarise pour survivre les défis. L’humain se retrouve malgré lui dans une communauté qu’il hérite par naissance comme un fait imposée et non pas par conviction humaine.

L’Occident parler de fonder son histoire sur une éthique d’une civilisation fondée sur la religion chrétienne et la raison grecque qui se résume à la justice, l’émancipation, la critique, la solidarité, l’égalité et la solidarité humaine. Le problème de cette conception de l’histoire est qu’elle glorifie les idées de monopole de l’humanité confectionnées par des historiens des grands systèmes qui conçoivent la réalité à partir de l’idée de la réalité.

Les hommes réalisent aveuglément soit leur destin selon Spengler soit le Christ selon Toynbee qui veut retourner aux sources. Ceci reproduit le cycle de l’Ordre qui sombre dans le désordre, le Chaos et la fin. Cette répétition nous sombre dans cycles : naissance, croissance, décroissance et mort. Ces cycles sont valables pour tout : civilisation, culture, puissance …

Notre Petite Histoire nous identifie dans un groupe de destin ayant des valeurs communes que l’on nous cultive depuis plusieurs générations et qui nous sombrent dans un destin identitaire tragique qui nous pousse dans des guerres de civilisation sans fin et jusqu’à la fin. Quand nous étudions l’histoire du passé, c’est surtout pour répondre à une question présente sur l’avenir de ‘notre civilisation’. Nous devons revisiter l’histoire non pas pour honorer et reproduire notre civilisation passée, mais pour ne pas répéter notre barbarie passée.

Les humains ne sont pas seuls dans l’univers. L’histoire ne doit pas se limiter à celle des civilisations, mais à celle de la vie des espèces et de l’humanité depuis la nuit des temps : le Passé avec l’archéographie, l’anthropologie et l’ethnologie et le Futur avec non pas des visions messianiques, mais scientifiques.

Le courage est de remettre en question le connu plus que l’inconnu au lieu de se conserver dans la certitude, l’obstination et la violence. La déconstruction des idées n’affaiblit pas l’histoire. Elle la rend plus Grande. La déconstruction de notre petite histoire est nécessaire afin de reconstruire notre Plus Grande Histoire : la Conscience Cosmique.

Religion : De la Vertu Romaine à l’Idéalisme

Notre histoire a commencé par le Mythe qui désire réconcilier l’esprit avec le corps. Devant la terreur de la mort et du mystère cosmique, l’humain a inventé les mythes pour le rassurer. Les mythes sont des imaginaires collectifs qui exercent une influence sur les sociétés et donc leur histoire.

Les mythes façonnent nos croyances, valeurs et attitudes. Ils ne sont pas seulement des fictions anciennes, ils sont le moteur de notre histoire. Ils vont évoluer à notre insu, dans des religions, des philosophies, des modernités, des connaissances, des psychologiques, des violences et des résistances.

Les peuples ignorants cherchent à rendre leur condition meilleure en se tournant vers l’Église qui va en premier temps s’associer à l’État afin d’asservir leurs peuples. Les deux vont commettre des génocides au nom de la civilisation divine.

La religion est toujours présente dans la modernité malgré sa chute en faveur de l’État laïque. Toynbee, dans son « Étude de l’Histoire » (Study of History) affirme bien que la religion est la réponse aux défis des civilisations.

« La religion détient la solution à tous les problèmes de relations humaines, qu’ils soient entre parents et enfants ou entre nations. », Toynbee, Étude de l’histoire

Il rejoint Saint Augustin dans sa théologie de l’histoire. Ces élites ignorent les guerres de religions ! La guerre de civilisation est une guerre de Puissance sous l’étendard de la religion. L’occident avait besoin de créer un Orient qui est plus un mythe qu’une réalité. Il est assimilé aux musulmans. Alors que ces populations sont dispersées dans le temps et l’espace avec des histoires et des cultures hétérogènes, des échanges et des interactions avec le monde. L’Orient est né du besoin de l’Occident de justifier sa civilisation en face d’une barbarie.

Si ce Monde musulman a eu son évolution des Lumières de l’Andalousie à l’obscurantisme islamique. L’humanisme chrétien, allait s’émanciper de la religion avec la renaissance, les Lumière et la modernité. La modernité est le retour du moyen-âge sous le voile humaniste : laïcité et liberté. La Modernité affirme défendre la chose la plus précieuse de l’humain : La liberté de pensée : une autre idée perverse du Vrai et du Bien.

Les lumières allaient fermer la porte du Bien religieux pour ouvrir celle de l’éthique humaniste tout en gardant son instinct prédateur vers les autres : croisades et colonisations au nom des Valeurs (Gréco-romaine) occidentales.

Les nouveaux prêtres guerriers post-modernes prêchent les valeurs de l’Occident étendues à l’humanité. On colonise pour civiliser les barbares soit par le génocide sois par les sanctions économiques. L’Idéologie de droite et l’Idéalisme de gauche nous sombrent dans l’Éradication de l’autre. Ils s’allient aux ordres de l’État pour divertir le peuple et lui donner la légitimité de la raison. L’intello parle de Dieu avec le verbe de Socrate et le prêtre parle de Nation avec les versets de Moise.

L’idée du Bien et du Vrai est celle d’un voyageur assoiffé dans un désert qui fait des hallucinations. Dans le désert, il n’y’ a que des restes de crânes calcinés de voyageurs comme lui à la recherche d’eau bénite ou de trésors perdus. Ils se sont entretués entre eux pour jouir seuls de ce trésor céleste jamais retrouvé. Leurs pas ont été effacés par le vent de sable. Ils n’ont jamais existé que dans le délire de ces os calcinés.

La Civilisation Occidentale est fondée sur les valeurs morales chrétiennes de Rome, et la chute de ces valeurs avec la laïcité pour les remplacer par l’individualisme libertaire font aussi la chute de la civilisation. L’individualisme ne peut constituer un socle solidaire d’une communauté. L’affaire Epstein a révélé la perversion des élites occidentale. Ceci n’est plus un appel à l’action, mais un constat de décès.

L’Occident a sombré dans les Lumières d’un corps sans âme et l’Orient s’est perdu dans une Lettre sans esprit. La chute n’est ni grecque ni allemande ni chinoise ni musulmane, elle est celle de toute l’humanité qui ne savait, ni ne voulait ni ne pouvait réconcilier son être avec sa conscience. Les humains sont réduits à des objets d’un système qui a pour seul objet la Puissance et non pas des organes d’un organisme vivant.

Nous voulons comprendre notre Être Tragique : comment la sagesse philosophique du Vrai s’est-elle pervertie dans un Intellectualisme qui a infecté l’esprit humain ? Comment la bonté divine du Bien s’est-elle pervertie dans l’idéalisme de divinisation et de diabolisation?

Nous devons déconstruire la croyance non pas pour le compte de la connaissance, mais pour celui de la conscience !

Philosophique : De la Raison Grecque à l’Idéologie

La Civilisation occidentale est basée sur l’héritage gréco-romain. On a vu dans la partie précédente comment la croyance romaine nous a sombré dans l’idéalisme religieux. Nous verrons dans cette partie comment la philosophie grecque nous a sombré dans l’idéologie de la rationalité.

L’État a remplacé le pouvoir religieux, son pire ennemi, par la puissance d’une idée de la raison qui vient à boute de l’idée de croyance. Après avoir tué Dieu, la raison abhorre le vide. Elle est devenue la nouvelle divinité avec une vertu tout aussi infinie. La raison ne voulait pas perdre la Vertu : Elle est alors devenue la Vérité Vertueuse !

Dans cette partie, on va voyager dans la pensée philosophique occidentale en trois phases :

– la Raison philosophique grecque (Platon, Socrate, Aristote) : ses origines et son évolution.

– L’Idéalisme allemand : Il va faire la critique de la raison grecque (Kant) et le rejet de l’idée platonique (Nietzche). Le marxisme voulait l’égalité contre la servitude. Il a détruit l’État Capitaliste, mais pour le reconduire dans la dictature du Parti.

– L’Existentialiste de Sartre et de Camus ; Ils vont dériver dans l’engagement absurde et l’ambigüité discursive intellectuelle.

La Civilisation impose des valeurs et des normes grâce à une culture philosophique qui s’est pervertie dans une idéologie de masse. Elle a produit une histoire de prédation. Il n’y a pas de victimes et des bourreaux, mais que des prédateurs vainqueurs et des proies vaincus qui héritent de la violence qu’ils vont dépasser. La civilisation ne meurt jamais de ses ennemis, mais de l’effondrement de son État moral et de son incapacité à gérer la complexité du temps.

Par la logique d’Aristote, l’idéalisme de Platon et l’éthique de Socrate, la philosophie grecque a bouleversé la pensée qui était noyé dans la mythologique. La philosophie grecque va donner à l’Occident le rationalisme et la critique.

La Modernité cartésienne va hériter de la raison grecque tout en corrigeant ses divagations discursives pour ouvrir la voie aux sciences. L’héritage gréco-romain va aussi et surtout se fortifier avec la modernité, la science, la psychologie et le capital.

L’Histoire humaine nous dit que la civilisation n’a jamais été occidentale et gréco-romaine dans sa fondation. L’histoire de la Grande civilisation humane est née en Orient, principalement en Égypte et en Mésopotamie, qui est la région située entre le Tigre et l’Euphrate, dans la Syre et l’Irak. L’Orient a inventé les fondations de la civilisation : les cités, la bureaucrate, les mathématiques, l’astronome, et la guerre. L’héritage de l’Orient musulman a été conquis par les croisades, les colonisations et les métissages depuis ces siècles d’immigrations. Ils constituent son plus grand patrimoine. Un héritage que l’Occident refuse de reconnaitre avec tous ces mouvements fascistes de masse.

L’État s’est emparé des idées philosophiques qui sont devenus une partie fondamentale de la civilisation et donc de sa puissance. L’idée s’est ensuite pervertie dans une idéologie pour laquelle on tue et on se tue. Ce sont les idées qui ont produit des tragédies humanistes. Si les idées existent, c’est aussi et surtout parce que nous craignons le vide, le mystère et la mort.

Nous sommes otages de nos idées cultivées dans nos esprits à notre insu et qui nous font percevoir non pas la réalité, mais des idées sur la réalité qui veulent prendre la place de la réalité par la violence répulsive ou séductrice.

Les idées et révolutions politiques sont les filles des philosophies travesties par des intellectuels. L’Idée philosophique n’est plus une sagesse de vivre son angoisse existentielle, mais une culture au service des génocides produits par des humains cultivés, raisonnables et humanistes.

Notre inconscience s’est fixée sur des idées de raison philosophique de justice et de liberté. La raison est devenue la raison d’État, mais en réalité la raison du plus fort. La liberté individuelle, « faire ce que l’on veut » est en contradiction avec la responsabilité envers les autres et la nature. Elle est aussi et surtout en contradiction avec la conscience de l’humanité.

La raison questionne tout sauf sa raison. Elle se base sur des aprioris axiomatiques devenus dogmatiques. Notre histoire nous révèle que la croyance religieuse comme la raison philosophique, malgré leurs arguments, luttent contre la réalité.

C’est en prenant conscience plus que connaissance de la perversion des civilisations qui nous habitent dans ce mirage de la Puissance qu’on peut alors partir dans un grand voyage pour savoir ce que nous sommes : Une Conscience Cosmique !

A. Benmohammed

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