I. Civilisation : Histoire, Religion et Philosophie

Prologue : Civilisation

  1. Civilisation : Histoire Religion et Philosophie
  • Histoire : Guerres de Civilisations
  • Religion – De la Vertu Romaine à l’Idéalisme
  • Philosophie – De la Raison Grecque à l’Idéologie

 

La Puissance est le champ fondamental des relations sociales. La Civilisation est la première fondation de la Puissance. Elle est composée par trois éléments que l’on va présenter : Histoire, Religion et Philosophie

Quand on étudie l’histoire du passé de l’humanité, c’est surtout pour répondre à une question présente sur l’avenir de ‘notre civilisation’, et non pas le destin de notre humanité, dans ces moments tragiques que nous vivons dans l’espoir de ne pas commettre les mêmes erreurs faites lors des tragédies passées.

La civilisation n’est nullement une évolution de la barbarie vers l’humanité. Elle est la face cachée sombre de la Barbarie qui fonde et nourrit la civilisation avec les guerres au nom de la civilisation pour une hégémonie mondiale. La Barbarie est l’invariant de notre histoire qui a commencé avec nos mythes primaires qui ont évolué vers l’idée : la croyance et la raison que nous allons déconstruire dans cet essai en espérant que la barbarie est une affaire de culture et non de génétique.

 

  • Histoire : Guerres de Civilisations

L’Histoire est celle des États qui font sa révision et sa promotion pour affermir la Gloire passé de la Civilisation grâce aux institutions de culture et d’éducation. Les médias, les maisons d’éditions, les musées et les écoles veillent à l’endoctrinement. La Culture de la Civilisation se fait par l’historien qui invente une mémoire commune et le sociologue qui forge cette mémoire comme un ciment dans la société. L’histoire est manufacturée par les élites de service qui falsifient notre mémoire pour le compte du pouvoir en créant une nouvelle histoire qui nous emprisonne de l’intérieur

L’objet de ces élites de service est de souder les liens entre les citoyens pour les guider dans un destin historique : L’État-Nation ! Ce lien identitaire historique est fondé sur un combat héroïque de civilisation contre un agresseur barbare, bestial et inhumain. Ce lien ne nous unit pas par l’amour de nous-autres, mais par la haine de l’autre.

On appelle barbarie les autres qu’on veut conquérir et soumettre à la ‘civilisation’ pour justifier nos barbaries. On combat la résistance désignée comme de la sédition. Les autres appartiennent au « fascisme » : anti-Lumières, antilibérale, anti-impérialiste, antisémite, islamofasciste, antiblanc…

C’est au sommet des valeurs des Lumières (raison, objectivité et universalisme) que la barbarie nazie a émergé. Le fascisme rouge fait place aux fascisme vert, jaune, et noire. Les civilisations ont besoin d’ennemis éternels pour des guerres perpétuelles. Les guerres barbares des civilisations durent depuis toujours : croisades, colonisations et libération ! Le présent est le plus grand témoin du passé à condition de le voir dans sa réalité bestiale et non pas dans son idée civilisée.

L’histoire que l’on nous raconte dans nos institutions d’éducation et de culture sur notre civilisation est une petite histoire de nos états-nationalistes qui se sont regroupés dans des communautés de destin sous le label de civilisation comme un antidote contre la Barbarie. Cette histoire obéit aux quatre cycles de vie : naissance, croissance, entropie et mort. Ces cycles sont valables pour toutes choses ; civilisation, culture, puissance …

Cette histoire produit de l’Ordre qui sombre dans le désordre, le Chaos et la fin. Les hommes réalisent aveuglément leur destin selon Spengler ou celui du Christ selon Toynbee.

Les humains ne sont pas seuls dans l’univers. L’histoire ne doit pas se limiter à celle des civilisations, mais à celle de la vie des espèces et de l’humanité depuis la nuit des temps : le Passé avec l’archéographie, l’anthropologie et l’ethnologie et le Futur avec non pas des visions messianiques, mais scientifiques.

L’Occident a sombré dans les Lumières d’un corps sans âme et l’Orient s’est perdu dans une Lettre sans esprit. La chute n’est ni grecque ni allemande ni chinoise ni musulmane, elle est celle de toute l’humanité qui ne savait, ni ne voulait ni ne pouvait réconcilier son être avec sa conscience. Les humains sont réduits à des objets d’un système qui a pour seul objet la Puissance et non pas des organes d’un organisme vivant.

L’occident a choisi de fonder son histoire sur une éthique d’une civilisation fondée sur la religion chrétienne et la raison grecque qui se résume à la justice, l’émancipation, la critique, la solidarité, l’égalité et la solidarité humaine. Le problème de cette conception de l’histoire est qu’elle glorifie les historiens des grands systèmes qui conçoivent la réalité à partir de l’idée de la réalité. Le courage est de remettre en question le connu plus que l’inconnu au lieu de se conserver dans la certitude, l’obstination et la violence. La déconstruction des idées n’affaiblit pas l’histoire. Elle la rend plus Grande et non pas plus Puissante.

Notre Petite Histoire nous identifie dans un groupe de destin ayant des valeurs communes manufacturés que l’on nous cultive depuis plusieurs générations et qui nous sombrent dans un destin identitaire tragique, car elle nous dissocie de notre Grande Histoire ; l’Humanité, la Nature et le Cosmos.

Notre salut est de reconnaitre notre vraie Histoire : origine, évolution et finalité. Ce livre va retracer l’histoire des civilisations à travers leur penses fondatrices pour finir dans les lois implacables de l’histoire de l’évolution darwinienne de toute chose : Complexité, Chaos et Extinction !

On analysera les deux fondements de la civilisation :

– La Religion : une tentative pour comprendre le monde par le mythe, le sacré et le rite. Elles remontent à environ 300 000 ans chez nos ancêtres humanoïdes.

– La Philosophie : une tentative pour comprendre le monde par la raison (logos) plutôt que par les mythes. En Occident, on situe son apparition au VIe siècle av. J.-C.

 

Religion : De la Vertu Romaine à l’Idéalisme

La Civilisation occidentale est basée sur l’héritage gréco-romain. On a vu dans la partie précédente comment la raison philosophique grecque nous a fait sombrer dans l’idéologie. Nous allons voir dans cette partie comment la croyance religieuse romaine nous a sombré dans l’idéalisme. L’idéalisme comme l’idéologie, malgré leurs arguments brillants et puissants luttent contre la réalité de la nature !

Les peuples ignorants cherchent à rendre leur condition meilleure se tournent vers l’Église qui va survivre à l’État et transmettre ses valeurs à une renaissance. Des fosses communes des États va renaitre une civilisation occidentale.

Selon Tounbee, la religion est la réponse au défis et déclins des civilisations. Il rejoint saint Augustin dans sa théologie de l’histoire. Seulement il ne réalise pas que c’est justement la religiosité qui a fait les guerres de religions !

L’État va remplacer le pouvoir religieux, son pire ennemi, par la raison. Après avoir tué Dieu, la raison abhorre le vide, alors elle est devenue la nouvelle divinité avec une vertu tout aussi infinie. La raison ne voulait pas perdre la Vertu : Elle est alors devenue la Vérité Vertueuse !

La guerre de civilisation est une guerre de religion. L’occident avait besoin de créer un Orient qui est plus un mythe qu’une réalité. Il est assimilé quelquefois aux musulmans et quelquefois aux arabes. Alors que ces populations sont dispersées dans le temps et l’espace avec des histoires et des cultures hétérogènes, des échanges et des interactions avec le reste du monde. L’Orient est né du besoin de l’Occident de justifier sa civilisation en face d’une barbarie.

Si ce Monde musulman a eu son évolution des Lumières de l’Andalousie à l’obscurantisme. L’humanisme chrétien, allait s’émanciper de la religion avec la renaissance, les Lumière et la modernité. La modernité est le retour du moyen-âge sous le voile humaniste : laïcité et liberté. La Modernité affirme défendre la chose la plus précieuse de l’humain : La liberté de pensée. En réalité, c’est juste une autre idée perverse.

Les lumières allaient fermer la porte du Bien religieux pour ouvrir celle de l’éthique humaniste tout en gardant son instinct prédateur vers les autres : croisades et colonisations au nom des Valeurs (Gréco-romaine) occidentales.

Les nouveaux prêtres guerriers prêchent les valeurs de l’Occident étendues à l’humanité. On colonise pour civiliser les barbares au début par le génocide et ensuite par les sanctions économiques. L’Idéologie et l’Idéalisme nous sombrent dans l’Éradication de l’autre. Ils s’allient aux ordres de l’État pour divertir le peuple et lui donner la légitimé de la raison. L’intello parle de Dieu avec le verbe de Socrate et le prêtre parle de Nation avec les versets de Moise.

L’idée du Bien et du Vrai est celle d’un voyageur assoiffé dans un désert qui fait des hallucinations. Dans le désert, il n’y’ a que des restes de crânes calcinés de voyageurs comme lui à la recherche d’eau bénite ou de trésors perdus. Ils se sont entretués entre eux pour jouir seuls de ce trésor céleste jamais retrouvé. Leurs pas ont été effacés par le vent de sable. Ils n’ont jamais existé que dans le délire de ces os calcinés.

Nous voulons comprendre notre Être Tragique : comment la sagesse philosophique du Vrai s’est-elle pervertie dans un Intellectualisme qui a infecté l’esprit humain et son existence ? Comment la bonté divine du Bien s’est-elle pervertie dans l’idéalisme de divinisation et de diabolisation? Comment l’humanité a sombré dans humanisme inhumain ?

Comprendre une civilisation à travers son histoire n’est pas une chose aisée, car les faits exposés ne sont en réalité que des interprétations de faits qui tendent à justifier la grandeur d’une communauté pour raviver sa foi dans quelque chose qui la solidarise avec sa société pour survivre les défis. L’humain se retrouve malgré lui dans une communauté qu’il hérite par naissance et non pas par conviction humaine.

La Civilisation Occidentale est fondée sur les valeurs morales chrétiennes de Rome, et la chute de ces valeurs avec la laïcité pour les remplacer par l’individualisme libertaire font aussi la chute de la civilisation. L’individualisme ne peut constituer un socle solidaire d’une communauté. L’affaire Epstein a révélé la perversion des élites occidentale. Ceci n’est plus un appel à l’action, mais un constat de décès.

C’est en prenant connaissance et conscience de la perversion des civilisations qui nous habitent dans un mirage de la Puissance qu’on peut alors partir dans un voyage de savoir ce que nous sommes : notre finalité cosmique.

 

Philosophique : De la Raison Grecque à l’Idéologie

La Civilisation impose les valeurs et normes culturelles grâce à une culture philosophique qui s’est pervertie dans l’idéologie de masse. Elle a produit une histoire de prédations. Il n’y a pas de victimes et des bourreaux, mais que des prédateurs vainqueurs et des proies vaincus qui héritent de la violence qu’ils vont dépasser. La civilisation ne meurt jamais de ses ennemis, mais de l’effondrement de son État moral et de son incapacité à gérer la complexité du temps.

Les pensées philosophiques sont indissociables des circonstances historiques et des engagements politiques. Ils forment le fondement et le carburant de la civilisation et donc de sa puissance.  Dans cette partie, on va voyager dans la pensée philosophique occidentale en trois phases :

– la Raison philosophique grecque (Platon, Socrate, Aristote), ses origines et son évolution.

– L’Idéalisme allemand va faire la critique de la raison grecque (Kant) et le rejet de l’idée platonique (Nietzche). Le marxisme va ramener la liberté contre la servitude. Il a détruit l’État Capitaliste, mais pour le reconduire dans la dictature du Parti.

– L’Existentialiste de Sartre et Camus va dériver dans l’engagement absurde et l’ambigüité discursive intellectuelle.

L’Histoire humaine nous dit que la civilisation n’a jamais été occidentale et gréco-romaine dans sa fondation. L’histoire de la Grande civilisation humane est née en Orient, principalement en Égypte et en Mésopotamie, qui est la région située entre le Tigre et l’Euphrate, dans la Syre et l’Irak. L’Orient a inventé les fondations de la civilisation : les cités, la bureaucrate, les mathématiques, l’astronome, et la guerre.

L’histoire des civilisations a commencé par le Mythe qui désire réconcilier l’esprit avec le corps. Devant la terreur de la mort et du mystère cosmique, l’humain a inventé les mythes pour le rassurer. Les mythes sont des imaginaires collectifs qui exercent une influence sur les sociétés. Ils façonnent nos croyances, valeurs et attitudes. Ils ne sont pas seulement des fictions anciennes, ils sont le moteur de notre histoire. Ils vont évoluer à notre insu, dans des philosophies, des religions, des modernités et des connaissances.

 

Par la logique d’Aristote, l’idéalisme de Platon et l’éthique de Socrate, la philosophie grecque a bouleversé la pensée qui était noyé dans la mythologique. La philosophie grecque va donner à l’Occident le rationalisme et la critique.

La Modernité cartésienne va hériter de la raison grecque tout en corrigeant ses divagations discursives pour ouvrir la voie aux sciences. L’héritage gréco-romain va aussi et surtout se fortifier avec la modernité, la science, la psychologie et le capital. Certes, la Civilisation Occidentale est née en théorie à partir de l’héritage gréco-romain, mais en réalité, elle néglige l’apport oriental de l’Égypte à la Perse. L’héritage musulman conquis par les croisades, les colonisations et les métissages depuis ces siècles d’immigrations constitue son plus grand patrimoine.

L’État s’est emparé des idées philosophiques qui sont devenus une partie fondamentale de la civilisation et donc de sa puissance. L’idée s’est ensuite pervertie dans une idéologie pour laquelle on tue et on se tue. Ce sont les idées qui ont produit des tragédies humanistes. Si les idées existent, c’est aussi et surtout parce que nous craignons le vide, le mystère et la mort. Nous voulions une base pour notre existence.

Nous sommes otages de nos idées cultivées dans nos esprits à notre insu et qui nous font percevoir non pas la réalité, mais des idées sur la réalité qui veulent prendre la place de la réalité par la violence répulsive ou séductrice.

Les révolutions sont les filles des philosophies travesties par des intellectuels. L’Idée philosophique n’est plus une sagesse de vivre son angoisse existentielle, mais une culture guerrière au service des génocides manufacturés par des humains cultivés, raisonnables et humanistes.

L’inconscience commence par les idées de raison et de liberté. La raison est devenue la raison d’État, mais en réalité la raison du plus fort. Elle est en contradiction avec la conscience de l’humanité.  La liberté individuelle, « faire ce que l’on veut » selon nos désirs et nos peurs est en contradiction avec la responsabilité envers les autres et la nature.

La raison questionne tout sauf sa raison. Elle se base sur des aprioris axiomatiques devenus dogmatiques. Il n’existe plus que des croyances dans des mythes de puissance.

Related posts

III. Connaissance : Science, Technologie et Cognition

II. Modernité : Modernisme, Postmodernisme et Complexité