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Théories de la Conscience :

A. Benmohammed, Les Fondations de la Puissance, Conscience Cosmique : Le Dernier Salut de l’Humanité

by Abdelmadjid Benmohammed
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Théories de la Conscience : Les 9 Catégories

Théories Physiques (Physicalisme)

« Je ne crois pas que les propriétés mentales aient quoi que ce soit de particulier. Je ne crois pas qu'il existe un domaine d'existence mental particulier.», Sean Carroll
  1. Matérialisme Réducteur

Le matérialisme affirme que la conscience est physique, uniquement le produit du cerveau biologique, et que tous les états mentaux peuvent être entièrement réduits (expliqués, interprétés ou compréhensibles) par des états physiques qui sont les champs et les particules de la physique fondamentale.

Ces théories se regroupent dans douze sous-catégories :

1- philosophiques,

2- neurobiologiques,

3- champs électromagnétiques,

4- computationnelles et informationnelles,

5- homéostatiques et affectives,

6- incarnées et énactives,

7-relationnelles,

8- représentationnelles,

9- relations linguistiques

10- évolution phylogénétique.

Les théories physicalistes-matérialiste sont étayée par des preuves empiriques irréfutables issues surtout des neurosciences (par exemple, les troubles cérébraux, la stimulation cérébrale). Pour eux, la conscience doit toujours et exclusivement se faire en termes de cerveau et de corps.

Les théories physicalistes-matérialiste ne donnent aucune explication concernant l’expérience subjective ; des questions demeurent quant à savoir si les descriptions physiques peuvent pleinement saisir la phénoménalité. Ils ne répondent pas au problème dure sur ce que la conscience est rn réalité ?

L’imagerie cérébrale (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF) et l’électroencéphalographie (EEG)) a donné l’illusion que chaque pensée correspond à une activité particulière du cerveau. Elle a ignoré tout ce que ne voit pas l’instrument comme étant inexistant : la conscience.

  1. Physicalisme non-réducteur

Contrairement au matérialisme réducteur, le physicalisme non réductionniste considère que :

– la conscience comme entièrement physique, uniquement le produit des cerveaux biologiques

– mais les états ou propriétés mentaux sont irréductiblement distincts des états ou propriétés physiques, de sorte qu’ils ne peuvent être entièrement expliqués par les lois, principes ou découvertes physiques (dans le cerveau ou ailleurs).

Un mécanisme central du physicalisme non réductionniste est l’émergence, où les nouvelles propriétés à des niveaux d’intégration plus élevés ne sont pas discernables (et peut-être même jamais prévisibles) à partir de tout ce que l’on peut savoir à des niveaux inférieurs ou plus fondamentaux.

Le physicalisme non réductionniste affirme l’irréductibilité du mental au physique. Le dualisme fait aussi cette distinction, mais les deux points de vue diffèrent dans leur conception de la relation entre le mental et le physique. Pour le physicalisme, Les propriétés mentales dépendent des états physiques, sont causées par eux et réalisées par eux. Pour le dualiste, tout (y compris le cerveau) est constitué de substance physique, mais les propriétés mentales (qualia, conscience) ne sont ni réductibles aux propriétés physiques, ni entièrement explicables par elles.

Le Physicalisme non-réducteur porte ne lui sa propre contradiction : Si la conscience est non réductrice, il est alors impossible pour la science d’expliquer son fonctionnement en termes de constituants physiques fondamentaux. Les neurosciences cherchent une signature physique de l’esprit et les philosophies interrogent la nature même de l’expérience subjective. Malgré les avancées, le mécanisme précis par lequel la matière « devient » consciente reste insaisissable. Le phénomène de l’émergence tente d’expliquer un mystère par un mystère encore plus profond (criticité et complexité).

  1. Théories Quantiques

La mécanique quantique joue un rôle direct, voire nécessaire, dans la génération de la conscience phénoménale dans le cerveau. Elles seront étudiées au chapitre 17 avec le modèle de Penrose sur la conscience quantique

Théories de l’Information et de l’Essence

« La conscience est une propriété fondamentale intrinsèque de la réalité, qu'elle est graduelle et qu'on la trouve en faible quantité dans des systèmes physiques simples », Christophe Koch
  1. Information Intégrée (IIT) :

John Wheeler a proposé le concept « It from bit » (du bit à l’être), qui suggère que l’information est à la base de la réalité.

– Théorie de l’information intégrée (TII) par le neuroscientifique Giulio Tononi ; la conscience découle de l’intégration de l’information dans le cerveau. Christophe Koch affirme que la théorie de l’information intégrée (TII) partage de nombreuses intuitions avec le panpsychisme, notamment l’idée. Contrairement au panpsychisme, la TII « explique quels systèmes sont conscients et lesquels ne le sont pas, résolvant ainsi [partiellement] le problème de la combinaison propre au panpsychisme et expliquant pourquoi la conscience peut être adaptative ».

En 2014, Scott Aaronson a publié un article où il critique la théorie TII « Pourquoi je ne suis pas un théoricien de l’information intégrée ».

– Chalmers et McQueen[i] ont développé une théorie de l’information intégrée qui relie la conscience à l’information à l’aide d’une fonction d‘onde qui mesure le degré d’intégration et donc de la conscience. Cette théorie reste invérifiable. Chalmers considère l’information comme ontologiquement fondamentale, et elle offre ce qu’elle affirme : une information à deux aspects : un aspect physique et un aspect phénoménal (ou expérientiel).

– Paul Davies affirme que l‘information est peut-être plus fondamentale que la matière ou l’énergie, car elle façonne la vie, l’esprit et la réalité elle-même. Bien qu’il ne propose pas de théorie complète de la conscience, il émet l’hypothèse que la conscience pourrait émerger de structures informationnelles, ou y être étroitement liée, notamment celles qui régissent des systèmes complexes tels que le cerveau ou l’univers lui-même.

– Modèle cognitivo- théorique de l’univers (MCTH) : Christopher Langan affirme que MCTH fournit le cadre logique d’une véritable « Théorie du Tout ». Il explique « le lien entre l’esprit et la réalité ».

– Théorie de l’espace de travail neuronal global (GTNO par le neuroscientifique Bernard Baars : la conscience découle de la disponibilité globale de l’information dans le cerveau.

– Théorie de la cognition incarnée : la conscience découle des interactions dynamiques entre le cerveau, le corps et le milieu.

– Théorie de l’expérience subjective (SET) : la conscience est simplement l’expérience subjective de l’activité du cerveau.

– GlobaleWorkspace Theory (GWT de Bernard Baars), Global Neuronal Workspace (GNW de Stanislas DeHaene), Neural Synchrony de Wolf Singe…

– Searle : la conscience = émergence biologique

  1. Panpsychisme :

Partout où il y a énergie-matière, et peut-être même partout où il y a espace-temps, le panpsychisme affirme qu’il existe aussi une forme de conscience. Tout ce qui existe possède une sorte de conscience inhérente ou de « proto-conscience » qui, dans certains ensembles et sous certaines conditions, peut générer une conscience et une expérience intérieures.

Le panpsychisme est l’une des plus anciennes théories de la philosophie de l’esprit qu’on retrouve en orient et en occident chez les Grecques jusqu’à Spinoza, Leibniz, Margaret Cavendish, Rudolf Hermann Lotze, Bergson, Raymond Ruyer…

Le panpsychisme retrouve une grande notoriété chez les physiciens modernes; Philip Goff, Galen Strawson, Federico Faggin, Raymond Ruyer… Dans le chapitre 17, on fera une analyse détaillée du Panpsychisme.

  1. Monisme Neutre :

Le monisme considère que la conscience est exclusivement un produit de la matière (cerveau) et que produit se compose d’une seule substance, contrairement au dualisme. Elle suggère que l’esprit et le corps sont deux attributs d’une même substance unique. Le monisme mental affirme que la conscience existe dans un domaine purement mental et non pas physique.

Si on considère que tout est mental, la partie physique du panpsychisme disparaît et la théorie se réduit au monisme mental.

Les théories monistes et panpsychiques présentent des caractéristiques communes. Le monisme cherche à savoir combien de substances existent (une seule), alors que le panpsychisme cherche à savoir se trouve l’esprit (partout).

Théories Non-Physiques (Au-delà du Matériel)

« On commence par être matérialiste, puis on devient dualiste, puis panpsychiste, et on finit par être idéaliste. », David Chalmers

  1. Dualisme : L’esprit et le corps sont deux substances distinctes

Le dualisme, postule l’existence est composé de deux composantes de nature radicalement distinctes : un cerveau physique, mais aussi une substance non physique séparée, indépendante du cerveau et étrangère au monde physique.

Cette théorie apparait depuis Platon et Aristote. Le terme apparait toutefois avec Christian Wolff et trouve sa notoriété avec Descartes qui concevait l’âme comme pensante et le corps comme une machine. Le dualisme est opposé surtout au monisme qui considère que l’esprit et le corps sont deux attributs d’une même substance unique.

Les états mentaux peuvent influencer le corps, et vice-versa. La critique principale de cette théorie est justement qu’elle n’explique pas cette interaction. Comment un esprit immatériel influence une entité matérielle et vice versa. IL semblerait que le spirituel et le matériel ont des propriétés irréconciliables.

Le dualisme soutient par ailleurs que l’esprit peut exister indépendamment du corps

  1. Idéalisme : Seule la conscience est réelle

Le matérialisme assimile l’univers à ce qui est en termes de matière-physique en dehors de notre esprit et l’idéalisme à ce qui devient dans notre esprit en termes de conscience. Pour l’idéalisme, la conscience est la réalité ultime, la plénitude du niveau le plus profond de toute existence, l’existant fondamental unique : la conscience est la réalité la plus absolue !

La Conscience se trouve è toutes les échelles : humaine, animale, naturelle ou autre. Le Tout se trouve dans la conscience cosmique qui est l’ensemble ultime.  Cet « idéalisme cosmique » affirme que la réalité concrète est entièrement fondée sur la conscience. On rejoint ici une forme d’idéalisme partagée par les philosophes (George Berkeley, Emmanuel Kan, Hégel), les Spirituels (Maharshi, Berdiaeff, Krishnamurti) et même les scientifiques (David Bohm, Planck, Giulio Tononi).

Les idéalistes acceptent le fait que la réalité physique est réelle en ce sens qu’elle existe bien même en l’absence de sujet.

David Chalmers relève l’itinéraire de la pensée sur la conscience :

« On commence par être matérialiste, puis dualiste, puis panpsychiste, et on finit par être idéaliste. J'ignore d'où vient cette idée, mais je crois qu'elle se résume ainsi :

- Premièrement, impressionné par les succès de la science, on adhère au matérialisme général, y compris concernant l'esprit.

- Deuxièmement, le problème de la conscience nous amène à percevoir un fossé entre la physique et la conscience, nous conduisant ainsi à adopter le dualisme, selon lequel matière et conscience sont fondamentales.

- Troisièmement, l'insondabilité de la matière nous fait réaliser que la science ne révèle tout au plus sa structure que sa nature intrinsèque, et non sa nature profonde, nous amenant à supposer que cette nature pourrait impliquer la conscience, et donc à adhérer au panpsychisme.

-Quatrièmement, on en vient à penser qu'il y a peu de raisons de croire en quoi que ce soit au-delà de la conscience et que le monde physique est entièrement constitué par elle, ce qui nous conduit à adopter l'idéalisme. » David Chalmers
  1. États Anormaux : Étudie les phénomènes (EMI, méditation)

La conscience peut-elle être révélée ou atteinte par le biais de phénomènes anormaux, psi ou paranormaux – « états modifiés de conscience » (EMC) ou « états altérés » (EAC), perception extrasensorielle (PES), expériences de sortie de corps (ESC), expériences de mort imminente (EMI), etc. ?

Les recherches psychiques, amorcées à la fin du XIXe siècle, et la parapsychologie, apparue au milieu du XXe siècle, ont cherché à étudier ces phénomènes scientifiquement. Par ailleurs, certains affirment que la méditation et les psychédéliques peuvent révéler des réalités cachées de la conscience.

Ces expériences ne sont pas convaincantes è cause d’une impossible reproductibilité et l’absence de mécanismes acceptés limitent son acceptation par le grand public.

A. Benmohammed, Les Fondations de la Puissance, Conscience Cosmique : Le Dernier Salut de l’Humanité

 

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