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Francine Ayron : de l’Homo Sapiens à l’Intelligence Artificielle.

Les Fondations de la Puissance

by Abdelmadjid Benmohammed
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A l’heure de la récurrente mise en scène de la Puissance, à l’heure où les systèmes se dévoient, à l’heure où notre pauvre monde, strié de failles déraille, à l’heure où l’humain inhumain se fourvoie, à l’heure où les sujets d’actualités internationales sont particulièrement douloureux et clivants, Abdelmadjid Benmohamed, fort de son intelligence, de sa curiosité, de sa ténacité, de son désir acéré de comprendre les rouages de l’univers et les dérives de l’humanité, nous gratifie d’un nouvel essai intitulé : « Les Fondations de la Puissance ».
Dans cet essai, il est précisément question de Culture, de Modernisme, de Connaissance, de Totalitarisme, d’Impuissance et de Puissance.
On ne peut que penser à Nietzsche ou à Hegel.
La Puissance, comme « autant de forces qui sont à l’œuvre dans ce monde ». La Puissance multiforme (Hard Power et Soft Power et leurs lots de contraintes ou d’influences).
Abdelmadjid Benmohamed connaît, plus que quiconque, le fastidieux métier de vivre, car il est bien conscient du fait de l’extinction de l’humanité par le biais du triomphe de la barbarie qui force le renoncement et qui alimente l’indifférence.
On défend l’indéfendable, on tolère l’intolérable, on justifie l’injustifiable, on banalise l’impardonnable impensable en multipliant les injustices, en additionnant les violences et en divisant sans cesse au regard de l’intolérance généralisée face à la pensée fondée sur l’identité et l’inconscient nourrie de la notion de Puissance.
La Puissance qui vient de « potestas » signifie, non seulement, puissance mais également pouvoir, domination et autorité, avec, je pense, plus de certitude dans le pouvoir que dans la puissance connotée de potentialité, même si les deux termes sont étroitement liés. La géopolitique est là pour nous le rappeler. Le leitmotiv de l’auteur est « déconstruire » pour construire.

Cet essai est la suite logique du « Chaomain » fort de son néologisme apte à nommer le chaos et l’humain, ce pamphlet, tour à tour réquisitoire et plaidoyer où il est question de Freud et de Darwin, essai/ témoin du regard porté, par Abdelmadjid Benmohamed sur le monde actuel, lieu de lutte de l’humain et de l’inhumain.

Cette œuvre est le fruit d’une réflexion tant permanente que pertinente et de recherches colossales dans un spatio-temporel étendu.
De l’éclectisme chez l’auteur, de l’esprit toujours en éveil, de la croyance en l’idée d’un possible néanmoins peu probable changement (par l’Art, pour ne citer que cela), de l’humanisme et de l’humanité en dépit de la triste réalité de l’homme en perdition que l’on voudrait contraindre à penser uniformément ( cf « l’Impensée » en référence à la Pensée).
Abdelmadjid Benmohamed chemine en Inconscient et rêve en Impensée avec pour but et unique moyen, la libération du mental; il nourrit l’espoir que la grandeur de la conscience viendra à bout de la puissance pour sauver notre espèce en danger d’inhumanité et d’uniformité.

Je terminerai par cette déclaration ou plus exactement par la définition de Serge Sur :
« La puissance est la capacité de faire, de faire faire, d’empêcher de faire et de refuser de faire ».
En outre, je disais donc que « Les Fondations de la puissance » relevait du même registre de grandeur percutante que « Le Chaomain », œuvre testamentaire pour destinataires légataires. Une interrogation pertinente sur le mode de résistance, difficile compromis entre pacifisme et violence.

Un processus dont l’étymologie latine prend toute sa dimension (procedere, cedere : marcher, pro, en avant) de l’Homo Sapiens à l’Intelligence Artificielle.
Une œuvre titanesque riche de la multitude des recherches préalables, de la portée de la réflexion et de l’extrême honnêteté intellectuelle de l’auteur.

Francine Ohayon.

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