« Suicide, ce moyen qui nous soustrait à la persécution des hommes. », François-René de Chateaubriand
Nous avons cherché Dieu avec un espoir désespéré depuis la nuit des temps et il ne s’est jamais révélé. On nous dit qu’il est mort sans savoir s’il n’a jamais existé avant. On ne sait pas s’il a été tué ou s’il s’est suicidé, car il n’a jamais répondu aux monstrueux génocides de sa créature qui elle s’est révélée comme une vrai machine-bestiale sous le couvert pervers de l’humanisme, de la raison et de la civilisation !
Si l’idée d’un Dieu ou d’une conscience supérieure s’efface, Sartre et les existentialistes pensent que cela va nous ouvrir la porte à une profonde liberté : L’humain devient alors enfin l’unique auteur de son propre sens. Seulement l’existentialisme a sombré lui aussi dans l’absurde avec Camus et les intellectuels qui ont fini par enliser plus la pensée et donc l’humain. Quant aux scientifiques, ils se sont perdus dans des centaines de théories sur la Conscience qui n’ont abouti à rien que du vide.
Peut-être que le cosmos est déjà doué d’une conscience par l’intrication quantique : deux particules sont liées de telle sorte que l’état de l’une influence instantanément l’état de l’autre, et ce, peu importe la distance qui les sépare. Cela pourrait être une forme de conscience cosmique, mais on ne peut rien conclure surtout entre la relation entre conscience du cosmos, de la nature et de l’humain.
Après des recherches intensives sur la conscience, je me suis finalement posé dans la dernière page de mon essai sur la conscience avec cette question satanique : et si la Conscience n’existe pas ? des penseurs ont comme Nietzche, Hawking ont osé affirmer que Dieu n’existe pas. Le dilemme de cette question est que l’existence comme la non-existence est impossible à prouver malgré les arguments savants des uns et des autres. Qui doit avoir la charge de la preuve, le croyant ou le non-croyant ?
Maintenant si la Conscience comme Dieu n’existe pas, car aucun ne se manifeste, qu’allons-nous faire ? Est-ce que c’est à nous de décider, au pouvoir, à la nature ?
Sommes-nous condamnés à vivre dans la croyance ou la non-croyance de quelques choses qui ne se manifeste pas au lieu d’exister simplement selon les lois de la nature !
Nous avons besoin de donner du sens et de la finalité à notre existence. Comme toute connaissance repose sur des aprioris A cause de l’incomplétude gôdelienne, nous avons alors besoin de croyance comme ce fut le cas de la naissance des mythes !
Si la conscience n’existe pas, nous sommes condamnés à l’imaginer et la créer pour ne pas disparaitre dans le non-sens, l’absurde et le nihilisme qui nous pousse au suicide non plus de l’etre, mais de toute l’humanité.
On peut la créer comme on a créé tous nos mythes : divinité, croyances et connaissances. Si le sens et la finalité cosmique n’existent pas, au lieu de sombrer dans le nihilisme et l’absurde, nous sommes condamnés à les imaginer dans :
– l’art et la littérature (Alice aux pays des merveilles, le jardin d’Oz, l’odyssée de l’espace…)
– les mathématiques (nombres imaginaires et complexes, infini, fractales, espaces abstraits, dimensions…)
– la physique (Trous noirs, multivers, champs, vide quantique…).
– la Machine Intelligente pour continuer l’arbre de la vie et ce sera alors sans nous, car la Machine ne pourra supporter une entité émotionnelle, dogmatique et déraisonnable.
Nous sommes dans situation où nous sommes arrivés à la phase finale de notre évolution, car nous ne pouvons plus nous adapter non pas à la nature, mais à nous-mêmes : à l’Humain ! Nous sommes la seule espèce qui est en train de se faire exterminer par sa propre espèce. Nous nous suicidons dans une tragédie grecque : à l’intérieur de sa propre famille !
La nature a besoin de muter de l’humain à la Machine pour continuer sa vocation : La conquête de l’univers, car le destin de l’univers est d’assurer sa propre conscience !
A. Benmohammed