Prologue
Psyché : Identité, Inconscience et Impensée
Identité – Le Spectre de Hamlet
Inconscient – Le Mythe Freudien
Impensée – Au-delà de la pensée
La Puissance est le champ fondamental des relations sociales. La Psyché est la quatrième fondation de la Puissance. Elle est composée par trois éléments que l’on va présenter : Identité, Inconscient et Impensée
La Psyché désigne l’ensemble de la vie mentale, consciente et inconsciente. Elle inclut à la fois l’identité consciente et les profondeurs inconscientes qui la structurent. Elle a toujours été présente dans l’histoire avec surtout la rhétorique, mais elle n’a pris la forme d’une puissance dominante que depuis la deuxième guerre mondiale avec la manipulation de l’esprit et les embrigadements de masses avec les sciences modernes psychologiques, cognitives et neurologiques. La Psyché est arrivée à son apogée : Elle n’est plus séparée de notre Nature. Elle est devenue notre nature, la Nature et le Monde.
Dans cet essai nous proposons l’impensée pour libérer la pensée sociale cultivée qui nous a dénaturé de notre propre identité profonde : la conscience cosmique.
Identité : Le Spectre de Hamlet
Notre identité a été travestie dans une histoire passé de vengeance avec Hamlet qui exprime bien notre tragédie qui nous pousse à des guerres perpétuelles pour le Pouvoir et non pas la Justice. Hamlet a ben hésité dans l’Action de la vengeance à cause de sa conscience surtout.
Le pouvoir est un prédateur de l’humanité et de la nature. Il tue son père, son frère et toute l’humanité pour avoir la puissance par la violence, la richesse et la connaissance.
Hamlet est l’exemple de la nausée existentielle qui habite toute l’Humanité. Il a hérité du meurtre de son père qu’il doit venger pour rendre justice et honneur. Il s’interroge dès le début par une question énigmatique : Qui est là ? Une question qui sera suivie par une autre : Être ou ne pas Être ?
Hamlet est le fils d’un roi paternel divin qui exige du sang. L’action de vengeance est un devoir existentiel : « tue et meurs ». Il obéit à un instinct cultivé : le devoir de vengeance du père qui le met en conflit contre sa foi. Il est sous l’emprise de deux commandements contradictoires du père : le Spectre (qui exige le Meurtre) et le Divin (tu ne tueras pas) ! Dieu qui proscrit le crime ne peut le prescrire !
Hamlet est une œuvre psychologique avant l’heure. Il réalise dans son long parcours de questionnement existentiel les émotions existentielles : pouvoir, meurtre et impuissance. Hamlet se plie au passé, mais réalise dans son agonie que son sacrifice est suicidaire, car il tue des mortels sans ressusciter les morts. Il n’avait pas d’autre choix que tuer ou vivre le déshonneur. Sa conscience qui ne l’a pas empêché de tuer.
Pour se retrouver, Hamlet part dans un voyage dont il n’est jamais revenu. Il a découvert que son spectre paternel est satanique. Hamlet est un éclaireur qui nous montre le chemin à ne pas suivre : L’Être n’est pas dans une pensée d’être, mais dans une impensée sur la finalité d’Être.
Shakespeare nous fait découvrir par l’inspiration artistique théâtrale la tragédie existentielle de Hamlet dans tous ses états psychiques partagées entre son impuissance cultivée et la puissance du Roi ; action ou inaction, amour ou haine, pouvoir ou servitude, croyance ou connaissance, être (vivre) ou ne pas être (mourir)…
Finalement, Hamlet, soumis au poids de l’honneur, de la justice et de la vengeance va reconnaitre son impuissance devant le pouvoir. Il va disparaitre en laissant un vrai message à l’humanité en dehors d’Être ou de ne pas Être, c’est celui de Résister à soi (pensée) ou de disparaitre en soi !
L’individu ne peut être le centre d’un univers qui n’a aucun centre. Les galaxies ne voyagent pas dans l’espace à partir d’un point. L’expansion se produit partout. Nous ne sommes qu’une entité d’une espèce vivante dans une planète au milieu du Cosmos.
L’inspiration est en création dont nous prenons l’exemple sur l’Art et ici avec la pièce de théâtre Hamlet de Shakespeare qui exprime mieux la tragédie humaine ; l’incertitude et l’indécision, rechercher la vérité et surtout ce choix de la vie ou de la mort : venger du meurtre de son père et mourir pour échapper à la douleur du monde.
L’objet de la pensée est de dévoiler l’essence de sa pensée, mais elle a été divertie de cette fonction de l’essence vers la seule existence par la culture.
La connaissance socratique de soi a atterrit dans l’identité qui cache des enjeux stratégiques qui dépassent la simple connaissance de soi. L’enjeu est celui du pouvoir prédateur : garder les brebis dans le territoire bestial du destin commun : histoires, langues, nations, ethnie, groupes, croyances, civilisations…
On doit revisiter les questions existentielles suspendues non plus en tant qu’individu, mais en tant qu’espèce humaine d’un univers cosmique :
– Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ?
– Pourquoi nous entretuons-nous sans cesse et jusqu’à la fin ?
– Est-ce que notre tragédie est dans notre Nature ou Culture ?
– Assistons-nous aujourd’hui à la fin de notre petite histoire ?
Inconscient: Le Mythe Freudien
L’inconscient pervers freudien fait une grande diversion observée chez les singes ; quand ils ont un conflit qui les stresse, ils commencent à forniquer entre eux pour abaisser ce stress, mais le danger est toujours là !
Freud pénètre nos sombres illusions, mais pour les noircir plus en submergeant l’inconnu de mystères; l’Inconscient qui guide le conscient dans un mythe œdipien: le vrai Œdipe-Roi de Sophocle n’a jamais désiré sa mère ou voulu tuer son père, car il ne les connaissait pas ! Aucune science n’est fondée sur des illusions pareilles. Freud savait bien que sa psychanalytique des psychoses et des névroses allait disparaître « devant une conception physiologique, ou même biochimique ». La science n’a pas fini de le contredire ! Le freudisme poursuit l’œuvre de la croyance par le mystère avec le symbolique singulier pour l’intégrer dans le social commun avec l’inconscient social de Jung.
L’État qui a pris le rôle du Dieu-paternel a permis à la psychanalyse de devenir un métier qui remplace la religion, car il a besoin d’une illusion qui divertit. Les psychanalyses comme les prêtres veulent endormir la conscience et permettre à l’État de poursuivre sa soumission sociale. Seul, le réveil de notre conscience peut tenir tête à notre inconscience.
Incapable de saisir la complexité de la conscience, Freud a voilé notre Instinct (désir et peur) en utilisant une doctrine basée sur un Inconscient illusoire, irresponsable et impuissant soumis à un Rêve perverti peuplé de Désirs Divins et de Peurs Diaboliques. Le pouvoir utilise les sciences psychologiques pour nous maitriser de l’intérieur de notre mental par le fascisme de masse.
Qu’est-ce qui fait que depuis la nuit des temps, on est toujours soumis au pouvoir qui nous rend prédateur de notre propre espèce ? Notre culture ou notre nature ? Pourquoi on est devenu si impuissant devant le pouvoir et si inconscient devant notre prédation ? Deux thèmes sortent dans notre tragédie ; notre impuissance et notre inconscience !
La soumission se fait plus avec la violence répulsive, mais avec un dressage cultivé grâce aux croyances religieuses, aux idées philosophiques et aux manipulations psycho-neurologiques. Les élites doivent se tromper eux-mêmes afin de tromper les autres avec plus de conviction.
La culture nous cultive dans la soumission à une identité qui nous divise : croyance, nationalité, classe, couleur, raison, valeurs, langue, … La Pensée cultivée est une seconde nature héritée de père en fils et de la naissance à la mort !
La culture est maintenant renforcée par les sciences psychologiques qui sont de puissants outils cognitifs de soumissions renforcées par les sciences cybernétiques et neurogénétiques qui annihilent notre conscience humaine.
On ne nait pas apprivoisé, on le devient grâce à nos deux pulsions primaires qui guident notre esprit: et donc notre corps : Le plaisir et la douleur !
Le fascisme psychologique est l’Art d’utiliser ces deux pulsions pour nous acculturer, nous embrigader et nous apprivoiser comme des souris de laboratoire pour aller dans le sens des feux verts du paradis et éviter les feux rouges de l’enfer !
Le fascisme utilise nos deux pulsions pour nous soumettre à l’autorité : famille, communautés et classes qui ont tous disparut au profit du seul État qui produit des névrosés inconscients et violents. La psychologie est étendue à toutes nos institutions étatiques (culture, éducation, économie…) avec des habitudes, des normes et même des règles qui participent à sceller nos émotions ; désir, peur, amour, haine, espoir, désespoir, colère, anxiété, honte, jalousie, … Le fascisme psychologique continue la soumission à son extrême : la manipulation de nos neurones et nos gènes !
L’État moderne est le produit de la civilisation occidentale fondée sur une raison qui a évacué de sa pensé la conscience humaine avec ses dimensions éthiques, spirituelles, métaphysiques, symboliques, écologiques. L’occident est puissant dans ses moyens, mais inconscient dans ses finalités. Ceci a produit un conflit pour l’humanité.
La psychologie étudie l’esprit et son influence sur notre comportement. Elle a été pervertie par l’inconscient freudien qui affirme que nos actes ne sont pas le fruit de la conscience, mais de l’inconscient : des désirs et peurs refoulés. L’inconscient n’est pas une nature humaine, mais une culture sociale du désir qui veut prendre la place de la nature. L’inconscient tue ainsi la conscience
Impensée : Au-delà de la Pensée
La Psyché humaine est exprimée par :
– Hamlet : Shakespeare avec le personnage de Hamlet qui réalise son impuissance devant le pouvoir ; celui de son oncle qui assassine son père pour le pouvoir. Hamlet aspire non pas à survivre, mais à venger son père. Nous naissons tous avec une mémoire de vengeance, mais on se retrouve impuissant devant le pouvoir. Hamlet va découvrir son impuissance devant le meurtre de son père dans un labyrinthe de thèmes existentiels : histoire, vengeance, pouvoir, politique, meurtre, mort, corruption, fraternité, humanité, religion …
– Freud : Freud va utiliser le complexe d’Œdipe qui assassine son père pour un désir inconscient de sa mère. Freud cherche à consoler l’humain de sa condition de vaincu et non de victime dans un inconscient qui oublie sa condition d’impuissance par le désir. La psychanalyse est un autre voyage dans le Mystère de notre pensée. Incapable de comprendre la complexité de notre conscience, Freud va inventer l’inconscience qui réduit l’humain à une sexualité déculpabilisée qui déresponsabilise l’humain.
Hamlet cache une histoire politique du pouvoir avant tout. C’est l’histoire de la naissance et de la fin tragique du pouvoir dans la vengeance et le meurtre. La pièce commence par la dépossession de Hamlet de son trône par le meurtre de son père. C’est le destin de tous les pouvoirs : naissance et mort par la violence dans un cycle sans fin et jusqu’à la fin. Hamlet représente cette humanité impuissante devant le pouvoir, une humanité apprivoisée et donc inconsciente et soumise à un pouvoir !
Freud consolera notre impuissance par le divertissement et le désir inconscient qui s’exerce sur le sujet à son insu et qui le soumet de l’intérieur. Freud nous invite à assouvir ce désir inconscient sans culpabilité. Jung rajoute l’inconscient collectif pour impliquer toute la société.
Identité et Inconscience sont cultivées, enseignées et institués par l’État moderne par des croyances, des idéologies, des idéalismes, des pseudosciences, et par l’Art psychologique de soumission qui cultive en nous un être pervers. L’inconscient freudien et l’inspiration de Hamlet se rejoignent dans notre psychologie interne pour pervertir la réalité consciente.
L’inconscient est en état de négation de la conscience dans la pensée et l’acte et l’inspiration est dans un état de questionnement créatif et de tension entre la mort et la vie, mais en réalité entre le meurtre et le pouvoir. L’inspiration de Hamlet est un pas vers la conscience qui ne s’est pas assumée.
La culture d’impuissance par l’identité et la psychologie sèment les diversions, les divisions et les soumissions. Elles se popularisent dans les technologies : médias, subversion, cybernétique… Elles donnent l’impression d’agir librement de son propre gré en toute conscience.
Le combat contre l’ennemi extérieur visible commence par le combat contre l’ennemi intérieur ; notre identité et inconscience. L’impensée va au-delà de la pensée cultivée dans la soumission à nos désirs déculpabilisés qui nous sombrent dans l’absurdité. Elle nous donne un sens, une finalité et un destin : la conscience cosmique qui nous relie à la conscience de l’Humanité, de la Nature et de l’Univers.
L’Impensée Imaginaire veut dépasser son horizon, en dépassant son mur de Planck ! Nous avons la grandeur de la conscience impensée de l’univers imprégnée au plus profond de nous, mais refoulée par la culture d’impuissance et d’inconscience que notre pensée doit déconstruire.
La question qui reste est ; Comment et surtout pourquoi le cerveau est-il relié à la conscience ? Est-ce qu’il incite la conscience de l’intérieur ou reçoit-il la conscience de l’extérieur ? Nous avons besoin d’une impensée qui relie le cerveau et la conscience au-delà du dualisme corps-esprit.
L’impensée va au-delà de l’inconscient et de l’inspiration dans une connaissance invisible, non examinée et non reconnue qui existe dans tout système de pensée et d’action. L’impensée a le pouvoir imaginaire de nous ouvrir de nouveaux horizons, humanité, nature et univers. Elle relie notre conscience interne à la conscience cosmique.