Prologue

  1. Modernité : Modernisme, Postmodernisme et Complexité

Modernisme – De la Certitude à l’Ordre

Postmodernité – De l’Ordre au Désordre

Complexité – Du Désordre au Chaos

 

La Puissance est le champ fondamental des relations sociales. Le Modernité est la deuxième fondation de la Puissance. Elle est composée par trois éléments que l’on va présenter : Modernisme, Postmodernisme et Complexité.

L’Occident s’enorgueillit d’avoir initié la Modernité comme un triomphe de la Raison cartésienne avec la fin des traditions, des identités et des croyances passées. Il voulait fonder une nouvelle pensée plus puissante que les idées philosophique et religieuse qui assure le progrès, la prospérité et la liberté. Cette modernité a donné l’ordre avec le modernisme, le désordre avec le postmodernisme pour s’échouer ensuite dans le chaos avec les sciences de la complexité.

La Modernité ouvrira la voie à une connaissance scientifique-technologique avec des implications drastiques dans toutes les activités sociales : religion, philosophie, éducation, économie, politique…

 

 

Modernisme : De la Certitude à l’Ordre

La Modernité se base sur la raison comme étant « la Faculté par laquelle l’homme connaît, juge et se conduit ». En réalité, la raison existe bien avant la modernité, mais elle était surtout d’ordre discursive avec la philosophie, c’est à dire en dehors de la réalité des choses. Descartes va évoluer la raison et de la raison du verbe è celle du nombre scientifique comme étant le langage de la nature des choses.

La raison met fin au dogmatisme religieux et aussi au sophisme philosophique. Elle prend surtout leur place et devient avec un scientisme dogmatique et totalitaire. Nous avons placé la Science avec sa Raison et sa Technique au Sommet de la pensée et nous avons mis tous les autres modes d‘existence comme subordonnés. La modernité est la mise à mort de la pensée comme pluralité des ontologies.

Depuis Platon jusqu’à Leibniz, Descartes ou Comte, on voulait traiter de questions philosophiques d’une façon aussi convaincante qu’une preuve scientifique mathématique. La raison philosophique voulait prendre la place de la réalité alors qu’elle est juste une autre idée de la réalité : un mythe devenue une idée séduisante pour finir dans l’idéologie.

La raison cartésienne a permis à l’Occident de sortir de l’impuissance de la Civilisation (philosophe et religion) à la puissance de la Modernité. La raison cartésienne a bien vue l’impuissance de la philosophe. Elle voulait faire évoluer la philosophie discursive dans une nouvelle méthode de connaissance certaine qui raccorde la pensée à l’existence (je pense donc ce je suis). La Méthode cartésienne va permettre la rationalisation (mettre de l’ordre) de la raison philosophique avec la destruction des mythes, des croyances et des idées.

Pourtant, l’humain reste toujours soumis non plus par des mythes magiques, des convictions religieuses ou des idées philosophiques, mais par des raisons rationalisées, normalisées, standardisées, formalisées et machinisées. La Méthode a engendré la Modernité qui a évolué vers une puissance machiniste jamais égalée dans l’histoire humaine. La raison expérimentale a envahi la totalité de notre pensée existentielle : philosophique, sociale et scientifique.

 

La Modernité Elle commence par le doute de toutes ses pensées, mais elle a ouvert la voie à une nouvelle certitude ; la Méthode philosophique et sociologique sous le couvert de la rationalité scientifique. La Méthode devient le fondement de la pensée moderne qui a produit des révolutions scientifiques, industrielles et sociales.

Descartes va introduire la raison mathématique dans la philosophie. La mesure numérique va prendre la place du verbe divin. Il va ainsi tuer la philosophie comme la philosophie a tué la religion. L’éminence socratique fait place au progrès moderne. L’Idée platonique sortie de sa caverne est brulée devant les Lumières.

Descartes à première vue donne le règne au sujet (je pense donc Je suis), mais malgré lui la Modernité finira par donner le règne à l’objet matériel et à la disparition du sujet.

La Modernité cartésienne va initier notre raison moderne dans une instruction méthodique.  Elle désirait être une « connaissance unique, certaine, déterminée, complète et méthodique ». Elle enfantera une science sacrée et puissante.

La Modernité est un désir désespéré d’une pensée crédule qui voulait échanger la croyance Divine par la connaissance raisonnable. Elle donnera à l’État un pouvoir puissant afin de garder le pouvoir (Religieux) sous un autre nom plus captivant (Raisons, Rationalisme et Progrès).

La modernité (cartésienne et technologique) est vue plus comme une décadence (du sens humain) qu’une évolution à travers l’individualisme et la rationalité cartésienne. Le rejet de cette modernité des sciences exactes qui a ramené les guerres s’est exprimé par le modernisme dans les sciences sociales, humaine, arts, littérature …

 

Postmodernisme : De L’Ordre au Désordre

La Méthode voulait réduire la complexité en ses éléments élémentaires comme on réduit la matière à ses particules élémentaires. Elle fut appliquée dans tous les champs de la connaissance (sciences exactes et sociales). Ceci va créer des centaines de disciplines hyperspécialisées qui vont être bénéfiques pour la science, mais pas pour la pensée disloquée de sa vision globale.

La Méthode s’est figée dans un concept, un système et un dogme. Elle a démembré l’organisme vivant pour le recomposer dans un système d’éléments finis remplaçables sans liens entre ses organes et sans sens global. Elle a produit le dualisme entre esprit et corps avec la discipline : diviser l’esprit, c’est diviser l’existence et donc l’humanité.

La méthode cartésienne a été le catalyseur de la Modernité qui termine son parcours dans le Post-modernisme qui va remplacer l’assurance de l’ordre étatique par la gestion du chaos impérial dans toutes les sphères philosophiques, sociologique et scientifiques. La tragédie de la Modernité et de la Postmodernité chaotique est dans leurs convictions qui prêchent des vérités universelles qui font l’affaire de l’Ordre des États et le désordre de l’Empire. La convergence cognitive va investir la complexité de notre réalité intérieure et extérieure.

La Modernité qui a engendré le modernisme a glissé ver la postmodernité avec le glissement de la certitude dans l’incertitude et l’ordre dans le désordre. Comme la postmodernité est une continuation de la modernité, le postmodernisme est une continuation du modernisme.

Les courants modernistes vont déboucher sur le Post-modernisme qui va aussi se perdre dans tous les sens : néo-modernisme, hyper-modernisme, post-modernisme…

Tout pensée est bonne à condition qu’elle pose les bonnes questions, qu’elle apporte des réponses sensées et qu’elle ne soit pas perverse : réhabiliter un nouveau concept pour justifier un nouveau courant politique, économique et culturel qui cultive la soumission au nom de la libération.

La Shoah, Hiroshima et les goulags sont venus rappeler à l’humain, au sommet de sa civilisation, ses instincts de bestialité envers sa propre espèce au nom d’idéalismes, d’idéologies et de Modernité avec des principes pervertis : liberté, égalité, fraternité et des nouvelles idées confuses : nihilisme, existentialisme, dé-constructivisme, relativisme…

Le mouvement littéraire postmoderne du milieu du XXe siècle était une réaction au style littéraire de la période moderniste du début de ce siècle. Il incarne le désenchantement de l’ère post-Seconde Guerre mondiale, rejetant l’idée de vérité absolue, évitant l’analyse en profondeur et se concentrant sur les croyances subjectives plutôt que sur la science. Le postmodernisme évite la recherche de sens et de salut, il analyse plutôt la fragmentation, la métafiction et l’intertextualité.

Le Post-modernisme est une réaction à la défaillance de la pensée philosophique sociologique et scientifique de la modernité et du modernisme. Il préfigure la société post-capitaliste[i] du Nouveau Monde américain conçue par des élites néoconservatrices qui voient dans le vide une chance messianique d’instaurer l’éternité d’un nouveau Dieu impérial qui veut mettre fin à l’histoire.

La Modernité finit dans une Postmodernité chaotique avec la machinisation du corps et la biologisation de la machine. Elle agonise par manque de conscience. L’humain n’est ni dans une idée ni dans une raison ni dans un réalisme.

La Modernité issue des croyances célestes recyclées dans des raisons terrestres est finalement ensevelie dans les fosses communes, mais pour se réincarner dans la postmodernité qui a la prétention de gérer le chaos comme la modernité a assuré maitriser l’ordre. La raison raisonnable devient une déraison raisonnable. Nous ferons la critique de la post Modernité ainsi que les implications en philosophies, sociologies et sciences.

Né du désenchantement du monde moderne, le chaos postmoderne va déconstruire notre raisonnement méthodique pour une « compréhension plurielle incertaine, indéterminée, incomplète et chaotique ».

 

 

Complexité : du Désordre au Chaos

La modernité industrielle a produit l’Europe colonialiste et la Postmodernité digitale a produit l’Amérique néocolonialiste. La Modernité désire maitriser l’ordre et la Postmodernité désire gérer le chaos en étendant l’autorité de l’ordre national de l’État à la terreur mondiale de l’Empire.

La certitude moderne et le chaos postmoderne sont des illusions de l’esprit. Elles ramènent le chaos qui est incapable de survire la complexité[ii] qui nous submerge de partout. Tous les champs de la connaissance humaine ont atteint leurs limites pour laisser place à la seule technologie qui a envahi l’espace et le temps humain et social.

Nous avons délégué notre intelligence à la Machine qui n’a plus besoin de nous alors que nous survivons grâce à elle. Personne n’est plus aux commandes ou au contrôle du système global. Nous visons une crise sociale[iii]: finance mondiale, explosion démographique, gap numérique, dérèglement climatiques, conflits sociaux, guerres civiles…

On doit voir les concepts non plus comme contradictoires, exclusifs et antinomiques, mais comme une mosaïque d’une unité bio-diverse. Il nous faut une convergence cognitive qui allie, relie et solidarise la pensée humaine. Nous devons faire converger la Philosophie, la Sociologie et la Science en allant de l’hyper-disciplinarité des savoirs qui nous divisent vers une interdisciplinarité qui nous rassemblent dans une finalité : la conscience cosmique.

La pensée doit récupérer sa conscience afin d’exister dans une finalité grâce à une convergence cognitive entre Philosophie, Sociologie et Science. La philosophie pose des questions sur notre finalité, la sociologie intègre l’humain dans son humanité et la science étudie la réalité cosmique.

La Certitude moderne est associée à l’ordre, la prévisibilité et le contrôle. Pourtant cet ordre va produire du désordre et finalement du chaos. La modernité fera place à une postmodernité qui a la prétention de gérer le chaos en utilisant des analogies abusives entre les systèmes complexes mathématique-physique et la société, la politique et la guerre.

 

Nous devons sortir de notre certitude moderne comme de notre chaos postmoderne pour intégrer la complexité dans une unité contextuelle, globale et autoorganisée qui dépasse les limites de nos ressources matérielles et cognitives.

La Complexité veut comprendre et résoudre des problèmes liés à la complication des informations : données massives, concepts multiples, systèmes chaotiques, situations imprévisibles qu’il faut filtrer, traiter et analyser.

Si la Modernité divise la connaissance dans des disciplines, la Complexité va la faire réunir : psychologie, neurosciences, épistémologie, physique, biologie, IA… La Complexité a réuni les connaissances humaines sans solidariser leurs existences. Elle veut maitriser le complexe avec le même objectif que la Modernité : maitriser la nature.

La complexité cognitive combat la Modernité et la Postmodernité que l’État national devenu un Empire mondial prêche dans ses cités civilisées où le progrès matériel accompagne la régression de l’Humain et de la Nature.

La métaphore de la complexité est plus qu’un mot, une image, ou une structure. C’est une ouverture créative vers de nouveaux horizons insoupçonnés d’inspiration, d’ingéniosité et de novations qui modifient aussi bien nos intellections que nos impressions de nous-mêmes et du monde externe.

Les outils de complexité ont été appliqués avec un grand succès à aux sciences exactes en premier lieu et ensuite aux sciences humaines. Il faut toutefois éviter l’affaire « Sokal »: des philosophes qui utilisent la métaphore de la complexité hors de son contexte. Ici, la probité est une exigence sélective.

Percevoir la Complexité, c’est assumer la contradiction et appréhender une unité qui ne renie pas les différences, mais qui s’en nourrit pour les tisser dans la richesse de l’interdisciplinarité. On présente une convergence complexe cognitive entre Philosophie, Sociologie et Science qui nous ouvre la porte vers le TOU : la conscience cosmique.

Nous retraçons ici les sources cognitives du modernisme, postmodernisme et complexité afin de voir ses liens avec le pouvoir. Nous ferons une analyse sure les relations entre modernité, postmodernité et le chaos et leurs influences en philosophies, sociologies et sciences.

 

[i]       Drucker Peter F. (1993), Post-capitalist society, Harper Collins Publishers.

[ii]      Bar Ham Yaneer, Concepts; Emergence and Complexity, in Dynamic of Complex Systems, Adison Wiley, Reading, 1992.

[iii]      Homer-Dixon T., Environment, Scarcity and violence, Princeton Univ. Press, 1999.

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