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V. Violence : État, Empire et Capitalisme

A. Benmohammed, Les Fondations de la Puissance

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Prologue

Violence : État, Empire et Capitalisme

État – Le Totalitarisme Nationaliste

Empire – Le Totalitarisme Impérialiste

Capitalisme – La Fin de l’Histoire

La Puissance est le champ fondamental des relations sociales. La violence est la cinquième fondation de la Puissance. Elle est composée par trois éléments : État, Empire et Capitalisme.

L’État-nationaliste est totalitaire. Il se déclare l’héritier de notre Civilisation et donc il a la légitimité de notre destin par la raison d’État. La violence totalitaire est systémique à tout État quel que soit sa forme. Elle existe depuis la création des États. L’Empire est l’aboutissement naturel de tout État-National totalitaire. Le Capitalisme est la phase finale de l’Empire Américain qui veut clôturer l’histoire humaine.

État : Le Totalitarisme Nationale

L’État est une institution illégitime qui a besoin dans les anciens temps utilisait juste la violence et n’avait aucun besoin de se légitimiser autre que celle de la puissance divine du prince. Dans la modernité, l’État se légitimise par l’idée de nécessité de survie et de représentation démocratique

On nous affirme que l’humain ne peut survivre sans son État qui est nécessaire à sa survie, mais aussi à son élévation de la barbarie à la civilisation. Pourtant, l’Humain a existé et survécu en dehors de l’État. Il a assuré ses propres besoins vitaux (sécurité et nourriture). Des peuples ont réussi à survire en se réfugiant dans des zones inaccessibles, inhospitalières et difficiles d’accès : forêts, déserts ou glaciers.

Les nomades, les bédouins ou les esquimaux se sont bien acclimatés. Ils refusent d’être circonscrits dans une réserve appelée l’État qui prend leur sang, leur sueur, leurs taxes et les assujettit à des lois injustes. Oui, il est possible de vivre sans l’État. Mais, plus maintenant depuis qu’il a délégué sa vie à l’État : il est alors incapable d’assurer sa sécurité et nourriture.

Nous existons dans un monde où il n’y a aucune autorité au-dessus de celle des États. L’État a remplacé l’autorité divine. Comme le divin, il a ses propres versets qui sont les Lois, ses prêtres qui sont les élites, ses églises qui sont ses institutions, son souverain qui est le président, son paradis qui est la richesse et son enfer qui est la prison. Comme l’État ne peut policier tous ses citoyens, il a alors besoin d’endoctriner les masses pour les assujettir avec l’idéologie, la psychologie et la cybernétique.

Les idées ne sont que des constructions préfabriquées par les élites de services qui subliment l’esprit afin de le dominer. La domination utilise notre côté sombre cultivé par le dominateur : nos gènes égoïstes.

L’État peut prendre les formes variées (despotique ou démocratique), mais sa vocation est la même : se conserver et se reproduire à n’importe quel prix. Pour se conserver, l’État a besoin de diviser ses citoyens pour les affaiblir et les soumettre à sa puissance qu’il tient de ces mêmes citoyens. Il fabrique la violence-réactive et utilise ensuite la violence-étatique pour combattre ce qu’il a produit.  Il a commencé par la violence physique et il finit par le nouveau totalitarisme : La démocratie !

La représentation démocratique est impossible à cause de l’impossibilité de représenter des millions de personnes par un échantillon représentatif et à fortiori par une seule personne, qui va plus diriger que représenter. La représentation est biaisée, car le pouvoir achète tous les réseaux d’influence (politiques, culturels, médiatique). Derrière la façade démocratique, il y a un système qui décide sur tout : les pensées dominantes, l’éducation, la culture, les valeurs. Il nomme les présidents, les dirigeants, les fonctionnaires, les élites… Il peut mobiliser toute sa population dans les crise internes et externes. Hitler a pu utiliser toute sa population dans son effort de guerre, les alliés aussi. Après la deuxième guerre, toute la nation est au service du pouvoir qui peut décider de tout : décisions économiques, politiques, sociales, militaire…

Le système et l’État ne peuvent être séparée : l’un vie de l’autre. Il s’agit de déconstruire le système plus que l’État dont le pouvoir est éparpillé dans toutes les sphères de la société comme un réseau de barbelés. Il gouverne par la loi toutes les institutions sociales, politiques et économiques du macro (gouvernement, ministères, entreprises, communautés) au micro (famille, couple, enfants). L’État possède le monopole sur les trois pouvoirs : le judiciaire, l’exécutif et le législatif.  Il dirige par les lois, mais surtout par des idées mythiques, fascinantes et sublimes (liberté, démocratie, valeurs).  L’individu est seul et impuissant dans une société Hobbesienne de loups. Il met son salut dans la puissance de l’État qui lui promet la sureté, mais qui ne lui donnera ni paix ni liberté : Le berger est le loup.

L’État ne survit que par la gestion de la violence qu’il cultive lui-même. Il qualifie sa violence comme une raison d’État légitime au nom du peuple pour sauver le peuple de lui-même. Il se donne le monopole et la légitimité de sa violence : il contrôle, commande et punit toute opposition ou résistance.

Le dictionnaire de Cambridge décrit le totalitarisme comme « la croyance qu’un gouvernement devrait avoir un pouvoir total sur ses citoyens. ». L’État est totalitaire quel que soit son aspect : religieux ou laïque, communisme ou capitaliste, libéral ou conservateur et de gauche ou de droite. La gauche est pire que la droite, car elle dit être le parti du peuple qui défend son bien-être, le parti de la paix, le parti anti-guerre… La gauche est juste l’autre face de la droite ; celle de la séduction humaniste.

 

Empire : Le Totalitarisme Impériale

L’Histoire est marquée par l’absorption des villages par les royaumes, puis des royaumes par les États et les États par les Empires qui sont constamment engagés dans des conquêtes. L’État appartient au Capital qui le nomme malgré les élections démocratique. La conquête coloniale devenait la seule façon de l’expansion économique de la bourgeoise.

L’Empire n’a pas voulu étendre ses valeurs dites civilisées aux régions conquises. Il est totalitaire dans les régions conquise se permettant tous les abus sur son butin de guerre : la prise des ressources naturelles, mais aussi la spoliation des habitants avec l’esclavagisme, la  bestialité et les génocides en toute impunité. L’impérialisme devient alors universel dans sa visée idéologique sous de la civilisation occidentale !

L’Empire est l’aboutissement naturel de tout État-National totalitaire. Comme lui, il a deux fonctions principales :

– conservation : gérer les résistances internes par la violence

– renforcement : étendre l’influence externe par la guerre

Pour se renforcer devant les autres états nationaux, l’État est condamné à étendre ses frontières restreintes et conquérir toutes les autre terres, mers et bientôt les cieux. L’Empire est l’extension de la violence interne de l’État national au reste du monde par la guerre. Il a pris des proportions mondiales avec l’Empire Européen et finalement l’Empire Américain. Il se fait par une culture de guerre, de désordre et de terreur.

L’Empire vit de la guerre qui alimente sa puissance. Il donc besoin d’ennemis qu’il faut détruire. Caton l’Ancien dans ses discours au Sénat romain rugissait : « Carthage doit être détruite », En réalité Rome cherchait à détruire sa rivale pour la domination de la Méditerranée. Une fois la menace carthaginoise écartée et en l’absence de problème extérieur, les Romains se s’entretuait.

Les élites politiques sont formatté pour le totalitarisme. Ils ne peuvent concevoir la paix qu’à travers la domination militaire et la défaite des adversaires quel que soit le prix humain. Ils rejettent ensuite toute responsabilité des conséquences de leur bestialité sur la défense contre la bestialité.

Les discours de haine nous rappellent les slogans des nazis contre l’Europe et des Américains contre l’axe du Mal à éradiquer pour libérer les peuples en les exterminant.

Le totalitarisme est une culture de guerre, de désordre et de terreur. La violence nationale est évacuée dans une violence impériale : La guerre avec toutes ses formes ; racisme, esclavagisme, croisades, colonisation et Mondialisation. L’Empire dit combattre le fascisme, le communisme ou le terrorisme. Le fascisme n’est pas une invention circonscrite au nazisme. Il est l’hériter et le produit de la pensée occidentale radicalisée pour qui le darwinisme est social.

Le nouveau totalitarisme se fait avec :

– une violence douce : idéologie avec sa raison impériale de civilisation, psychologie avec sa subversion de masse et cybernétique avec sa séduction technologique

– une violence dure : Il a assassiné des millions de personnes au nom de la démocratie et de la liberté

L’Empire totalitaire va déconstruire toutes les idées de nationalisme pour les reconduire dans l’idée d’un nouvel empire : le marché mondial. La modernité devient postmodernité. L’ordre devient un désordre et enfin un chaos.

La violence génère une réaction avec des formes diverses allant des marches pacifiques de protestations, des révolutions, révoltes, jusqu’à l’ultime réaction ; le Terrorisme. Ce ne sont pas les terroristes qui créent la terreur, mais le totalitarisme qui le confectionne afin de justifier son existence et son expansion.

Le peuple terrorisé va demander à l’État et à la ‘communauté internationale’ de le secourir. L’État va intervenir dans la terreur et créer des lois antiterroristes qu’il va garder même en temps de paix pour mieux surveiller le peuple afin d’éradiquer ses opposants.

États et Empires finissent toujours par s’effondrer pour plusieurs raisons ; pouvoir centralisation, corruption, instabilité économique, rébellion, révolution, guerres, changement climatique, épuisement des ressources et surtout une incapacité à maintenir l’Ordre et à s’adapter aux défis de la complexité sociale qui changent tout le temps.

L’Empire veut mettre fin à l’histoire. Il nous met devant la lisère du chaos; Mutation ou Extinction. Nous avons besoin de comprendre sa puissance et de prendre conscience de sa capacité à produire notre extinction, mais aussi de notre capacité d’endurance et de résilience à son totalitarisme.

Capitalisme : La Fin de l’Histoire

Dans ‘La machine insatiable, comment le Capitalisme a conquis le monde’, Revor Jackson[i] affirme que le capitalisme est le produit d’une évolution historique de l’Empire qui ne peut arrêter sa propre croissance qui finit dans tragédie écologique è cause d’une économie fondée sur l’accumulation et la consommation infinies de ressources

Le Capitalisme est la phase finale de l’Empire Américain qui pense clôturer l’histoire humaine. L’impérialisme capitaliste moderne a évolué en plusieurs phases :  l’impérialisme mercantiliste, qui a cédé la place au XIXe siècle à l’impérialisme du libre-échange, suivi de l’impérialisme néo-mercantiliste, qui a pris fin après la Seconde Guerre mondiale. L’impérialisme moderne est « le stade suprême du capitalisme ».

Avant les révolutions françaises et russes, les États européens progressent dans des Empires pour accroitre leurs puissances ; Espagne, Portugal, Angleterre, France. Ces Empires coloniaux sont le produit de la Violence et ensuite du Capital avec tous ces monopoles industriels et bancaires qui exigent une expansion mondiale pour accroitre leurs richesses et donc leurs puissances. Ces Empires étaient surtout centrés la rente, les impôts et les colonies et non pas le marché et les finances.

La crise du canal de Suez en 1956 a marqué la fin de l’influence impériale britannique qui détenait les mers et le Moyen-Orient. Cet échec a démontré l’incapacité de l’Empire anglais à maintenir son empire par la force, renforçant les mouvements d’indépendance à travers le monde.

On assiste alors à la naissance de l’Empire américain qui va avoir la mainmise sur le pétrole du Moyen-Orient et surtout la facturation en pétrodollars pour tous les pays. C’est le début du dernier Empire de l’Histoire : Le Capital

Toutes les richesses naturelles et humaines sont la propriété du capital à travers l’État qui a le privilège de la collecte des impôts qu’il va redistribuer à ses élites, sa bureaucratie et son armée pour se renforcer. Le Capital s’exprime par la violence cynique : 1% gouverne et soumet 99% de la population qui se retrouvent dans un esclavagisme moderne : le travail ! Le Capitalisme donne l’opulence à une minorité et délaisse la majorité. Il peut acheter toutes les élites ainsi que les oppositions. Il a le pouvoir et le contre-pouvoir!

 

‘Naissance et déclin des grandes puissances’ de Paul Kennedy paru en 1986, étudie la politique des grandes puissances depuis 1500 à environ 1980 pour affirmer que l’économie est devenue la base de la puissance. La civilisation a muté de la violence royale à l’Économie capitaliste qui a triomphé de l’URSS pour régner toute seule sur le monde afin de mettre fin à l’Histoire. La chute de l’URSS est due à son retard économique et le retour de la Chine à cause de son retour au model capitaliste, mais pas au système politique.

L’économie est une pseudoscience qui produit des crises systémiques. Les inconnues sont nombreuses et les relations complexes. Les données, les statistiques et les modèles ne peuvent ni expliquer ni résoudre la complexité de la réalité. L’objet de l’économie n’est pas de comprendre, mais de posséder la puissance politique qui lui assure les ressources naturelles et humaines sans limites dans le pays et le monde.

La perversion de la société est dans ce désir virale de nouveaux besoins absurdes. Ces besoins ne sont pas des nécessités de survie comme la sécurité et la nourriture. On accumule  des choses sans fin qui s’emballent. Le désir est une drogue qui est toujours disponible par la carte de crédit et ses dettes. Ces besoins deviennent des signes de liberté, alors qu’ils sont des signes de dépendance d’une drogue ; le Capitalisme qui crée ces besoins artificiels pour vendre ses produits.

Le Capital est cupide. Il recherche une « accumulation de richesse sans limite ». Pour cela, il institue l’exploitation par la division du travail. L’humain atomisé et aliéné est devenu un bon citoyen travailleur et patriote dont la seule relation avec son état est l’obédience aux lois et le payement des taxes. On est dans le meilleur des mondes; On festoie en plein choléra !

On a perverti notre finalité humaine dans l’argent. Les Élites qui nous ont toujours gouverné nous affirment qu’ils vont résoudre notre crise. On assiste juste à la transformation de la puissance des élites de la violence à la richesse et finalement à la connaissance qui veut remplacer le $ par l’IA. Le Capitalisme est en crise de puissance entre une élite et le reste non plus du peuple, mais de l’humanité. Il ne s’agit pas de posséder la puissance pour perpétuer le conflit, mais de revenir à la grandeur de notre conscience humaine qui est la seule à arrêter cette histoire de la folie de quête de puissance !

[i]        Jackson, Trevor (mars 2026), The Insatiable Machine: How Capitalism Conquered the World. W. W. Norton & Company

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