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VI. Résistance : Endurance, Art et Écologie

A. Benmohammed, Les Fondations de la Puissance

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Prologue

Résistance : Endurance, Art et Écologie

  • Endurance – Art de la Résilience
  • Art – Conscience de l’Humanité
  • Écologie : Conscience de la Nature

La Puissance est le champ fondamental des relations sociales. La Résistance est la sixième fondation de la Puissance que nous analysons avec les trois thèmes : Endurance, Art et Écologie

La Résistance a existé depuis que la violence existe, c’est à dire depuis la création des premiers tributs qui s’entretuaient pour le butin. Pour être libre, il faut être puissant pour ne pas succomber au plus puissant. La puissance est un rapport de force contre d’autres puissances. On ne survivre la puissance des autres si on ne peut lui résister. On perd sa liberté, sa dignité et sa vie.

La Résistance est un devoir plus qu’un droit. La puissance de la résistance est pour se défendre, mais elle peut aussi énivrer et passer de la résistance à la conquête de plus de de puissance. Le pire est de se trouver dans un jeu tragique existentiel sans choix que de tuer ou de se faire tuer. Seulement, avec deux puissances nucléaires dogmatiques, il n’y aura point de survivants.

 

Endurance : Art de la Résilience  

Du fait de la nature de sa puissance, Le pouvoir est coercive. Il peut devenir intolérable. La résistance est alors utilisée par les opposants sous diverses formes pacifiques ou violentes (réformes, manifestation, révolution…) soit pour réformer le pouvoir soit pour le reprendre. Le corps combat ses microbes avec ses anticorps afin de survivre les germes qui l’habitent, le rendent malade et peuvent le tuer. Le Combat entre pouvoir et résistance est devenu existentiel :  On tue pour ne pas mourir.

Devant la violence toujours plus grande du pouvoir, l’individu va réagir avec des idées qui vont reproduire et aggraver son Mal : un État plus violent et donc une réaction de résistance plus violente, mais toujours usinée par le système qui gère l’ordre, mais aussi et surtout le désordre et le chaos.

Les pouvoirs existent toujours même si leurs visages changent pour des raisons structurelles et contextuelles, et les résistances échouent toujours, car elles ne s’adaptent jamais aussi bien que le pouvoir. Elles continuent dans des discours magiques de résistance qui font des étincelles sans faire de feux.

La violence produit la résistance qui produit la violence. La boucle est bouclée. La violence révolutionnaire devient une terreur. L’État annihile notre résistance en nous aliénant par nos instincts ; désir et peur. On devient fragile. On stresse tous le temps avec ces pression sociales continue de survie. On nous donne alors des drogues et des tranquillisants pour nous rassurer.

La Résistance ne peut aboutir avec des masses crédules dont le courant rebelle est dévié à volonté par les seigneurs du racolage pour produire des Tsunamis de génocides.

Le peuple ne peut faire des manifestations, des émeutes et des révolutions juste pour son standard de vie matériel ; le prix de l’essence, la nourriture ou les impôts. Il s’est démis de sa responsabilité de résistance. Il délègue à l’État sa pensée et ses actions dans un contrat social dans l’espoir d’avoir la paix. Il espère une réforme de l’État afin de changer les lois par la démocratie comme l’affirment les réformateurs.

La résistance est un droit humain qui est ancrée dans la nature humaine, car la nature est libre à l’intérieur des seules lois de la nature. On résiste contre les lois légales d’un pouvoir illégitime qui nous assujettit. Toutefois, on a besoin d’un Art de la Résistance comme le pouvoir a besoin d’un Art de la Soumission.

Il ne s’agit pas de faire des révoltes, révolutions, ou manifestations, mais créer de nouvelles formes d’organisation humaines en dehors des institutions politique en comprenant et déconstruisant les fondements idéologiques et idéalistes des sociétés : civilisation, identité, valeur, égalité, liberté, fraternité, …

On n’a jamais pensé la résistance en dehors des révolutions, anarchismes et pacifismes. Il existe des voies cachées qu’il faut déterrer et adapter à ce nouveau millénaire. Nous devons revoir l’histoire pour comprendre pourquoi nous avons échoué pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Les États apprennent, mais pas les peuples. La résistance a échoué, car elle a combattu dans l’émotion et non pas la stratégie.

La première vertu de la résistance cognitive est l’honnêteté : reconnaitre ses erreurs. Le fait de changer d’avis est une vertu plutôt qu’un défaut.

Nous avons besoin de refonder la Résistance dans l’Endurance pour contrer la contrainte physique et mentale dans le temps. L’Endurance n’est pas une force morale de résistance contre l’injustice, c’est une qualité naturelle de quelqu’un qui ne se décourage pas, ne se laisse jamais abattre malgré tout.

L’endurance est la capacité à tenir bon et persévérer dans la durée face à la difficulté, tandis que la résilience est l’aptitude à s’ajuster, récupérer et rebondir après un choc. L’endurance résiste (survie), alors que la résilience transforme et permet de grandir. L’Endurance a besoin d’un Art de la Résilience et non de la résistance. La résilience est une résistance qui traverse les leçons de l’histoire. Elle ne se laisse pas abattre par une défaite, elle apprend à supporter la pression dans le temps. Elle se renforce et finit par triompher sur le pouvoir. Toutes les colonisations et les despotismes de l’histoire ont fini par partir après des années, des décennies ou des siècles d’endurance des peuples.

On ne peut se battre pour soi, sa communauté ou ses valeurs, mais pour toute l’humanité et avec toute l’humanité, car le pouvoir est global. Le combat n’est pas contre l’État capitaliste ou communiste ou religieux, mais contre tous les États. Le combat n’est pas de conquérir une éthique prolétaire, mais une conscience humaine, naturelle et universelle. La Résistance exige que nous sortions des sentiers battus d’éthique, de justice et d’humanisme pour voyager dans l’espace-temps grâce à une conscience qui englobe l’humanité, la nature et le cosmos.

 

Art : Conscience Humaine

Descartes disait que la raison est la chose la plus partagé dans le monde. Oui, elle l’est, car elle a été cultivée localement et elle divise l’humanité dans celui qui est vrai et celui qui a tort ainsi que celui qui est divin et celui qui est diable. C’est le Beau dans la littérature, la poésie, la peinture, la musique … qui est le plus partagé dans le monde.

La vision esthétique débouche sur une conscience esthétique. L’enfant nait avec une conscience esthétique qui s’exprime dans son enchantement de la nature et du cosmos. Il commence à peindre avant de commence à peindre et à chanter, avant de savoir parler. Il devient raisonnable par la culture du Vrai et du Bien enseignée et cultivée dans les institutions de l’État. La Raison est dangereuse, car elle est devenue La raison d’État par laquelle elle nous soumet. La raison d’État a tué a tué dieu pour prendre sa place.

L’Art peut être un redoutable objet de résistance, au-delà des violences que nourrissent les révoltes, révolutions, nihilismes et insurrections contre l’autorité centrale de l’état qui s’alimente de ces réactions désespérées et suicidaires.

Tous les systèmes politiques : religieux, monarchistes, autoritaires, républicains, libéraux ou démocratiques ont cherché à faire de l’artiste un allié qui œuvre pour leurs systèmes. Ils l’utilisent comme dans les musées, l’architecture, la peinture, musique… afin de glorifier leurs leaders. L’Art est aussi utilisé comme un élément de divertissement avec les spectacles.

L’art esthétique est un fabuleux moyen de résistance contre le pouvoir en déconstruisant les idées critiques par des images signifiantes et en offrant une vision esthétique alternative de la réalité. Il permet l’expression aux personnes désenchantées, désocialisées ou opprimés. Les artistes de la Renaissance ont utilisé leurs œuvres pour critiquer la domination de l’Eglise dominante, les artistes de la révolution marxiste ont utilisé l’art pour critiquer la bourgeoisie capitaliste et les artistes de la culture hippy ont utilisé leur musique contre la guerre du Vietnam.

Pour sortir de la vérité vertueuse d’une société aliéné par le paysage étatique, nous avons besoin d’une vision impensée. La vision esthétique exprime notre joie, émotion et fascination interne devant la beauté créatrice du monde extérieure. Cette vision est partout dans l’univers ; les diverses expressions artistiques bien sûr, mais aussi les philosophies et les sciences physiques et mathématiques. Un langage esthétique doit inclure toutes ces formes de pensées.

La vision esthétique nous permet de vaincre la laideur bestiale de la Cité par la beauté créatrice de la nature au-delà des Vérités et des vertus, des idéologies et des idéalismes et des diabolisations des autres et des divinisations de soi.

L’Art se réfugie dans l’imaginaire, l’esthétique et la technique avec un nouvel existentialisme de la virtualité, de l’hyperréalisme et de la simulation virtuelle.

L’Humain est un optimiste-résistant qui a la volonté de combattre par l’Art au-delà de la violence, du pacifisme et de l’intellectualisme. L’Art est le dernier refuge de notre conscience interne qui nous élève vers une conscience de l’humanité, de la nature et du cosmos !

La Conscience humaine, fondée sur une Vision esthétique, est une perspective d’entendement globale des choses qui se développent à partir de l’esthétique qui nous permet de sentir notre conscience cosmique à partir de notre conscience humaine subjective dans sa qualité essentielle : la beauté créative qui est va au-delà de la vérité vertueuse puisqu’elle nous raccorde à l’humanité, la nature et le cosmos.

 

Écologie : Conscience de la Nature 

L’humain n’a pas réussi à dépasser dans son esprit son Dualisme existentiel entre sa culture et sa nature.

L’humain est encellulé dans une réalité fictive cultivée dans une construction contre-Nature:

Une réalité philosophique

– Platon qui vie dans l’idée de la réalité ; une idée qui a sombré dans des idéalismes et des idéologies. L’Idée tend à privilégier la réalité de la pensée, les idées ou les croyances sur la réalité de la nature, reléguant même la nature à une construction de l’esprit.

–  Descartes qui sépare l’humain (être pensant, res cogitans) et le monde qui est réduit à sa matérialité (matière étendue, res extensa). Descartes avec je pense donc je suis a privilégié la pensée à l’existence. La pensée devient donc la fondation de l’existence.

– Kant va faire la critique : Il limite la raison à l’expérience possible (le Vrai), la morale au devoir rationnel (le Bien), et il définit le Beau comme un plaisir prodigue et universel qui peut nous réunir.

– la technique qui change notre monde notre réalité. La nature et même notre nature vers un univers machiniste et cybernétique.

– l’existentialisme avec son individualisme et s liberté absolue et son rejet de toute essence humaine.

– Freud et son inconscient qui nous soumet à des forces inconnues qui nous sombrent dans le désir et l’inconscience.

L’anthropocentrisme : Il place l’être humain au centre de l’univers et de toutes les finalités. Il considère la nature comme une ressource qui existe pour satisfaire les besoins humains.

L’humain moderne considère la nature non pas comme un organisme complexe dont nous sommes dépendants, mais un simple réservoir de matières premières à exploiter sans fins pour sa nourriture et ses besoins énergétiques et de matières premières pour son bien-être. Il utilise aussi la nature comme des lieux ou passer ses vacances, des parcs zoologiques pour les enfants, des jardins pour son barbecue, des plantes pour son potager… avec un animal de compagnie.

La résistance consiste dans la déconstruction des idées sur la culture comme une seconde nature. On doit reconstruire notre pensée de la nature comme l’essence des propriétés fondamentales de toutes choses et de tout être. Il n’existe pas des choses et des êtres vivants, mais uniquement une nature des choses et des êtres vivants. Seule la Nature existe essentiellement, le reste est son produit.

On ne peut exister sans son essence et donc sans sa nature. L’essence et la nature sont la même chose. C’est par la Nature que les particules et les forces élémentaires physiques existent et donc les atomes, les matériaux, les molécules, la biologie, la génétique pour arriver aux choses et aux êtres vivants et donc à la Nature que nous voyons.  Le génie créatif est dans le retour perpétuel au sublime d’une nature dont il faut percevoir le code, l’immatérialité et l’immortalité.

L’art ne “représente” pas la nature, il nous fait sentir que nous sommes dedans ; une conscience de soi à partir de la conscience de la nature. La Nature nous permet de sortir de notre réalité confectionnée par notre esprit et notre cerveau. On rentre alors dans conscience interne de soi pour aller vers la conscience extérieure de la Nature et enfin la conscience cosmique de tout l’univers.

Entre la violence de l’État et celle de la résistance, il y’a une vraie grandeur : la conscience qui nous donne un lien, un sens et un projet humain. La conscience commence par la connaissance de son essence et la finalité cosmique et de sa Grande Histoire. Une finalité qui fonde l’humain, l’humanité et la Nature. La terre est notre berceau, mais on refuse qu’il soit notre tombeau !

 

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